Accueil Actu Belgique Société

Ponts, tunnels, nouvelles voies : Infrabel débloque 200 millions d’euros pour se préparer à une guerre contre la Russie

par RTL info avec Benoît Duthoo et Juliette Davletmirzaeva 
Alors que l’Europe revoit ses infrastructures à l’aune d’un climat sécuritaire tendu, la Belgique s’apprête à renforcer son réseau ferroviaire pour répondre aux exigences d’une mobilité militaire accrue. Portée par de lourds investissements et un rôle de carrefour logistique entre mers du Nord et frontières orientales, elle se place au cœur des futurs flux stratégiques européens.

Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes entre l’Europe et la Russie, la Belgique joue un rôle clé en tant que zone de transit militaire. Avec un budget de 200 millions d’euros, Infrabel, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, s’engage à adapter le réseau ferroviaire aux défis d’un éventuel conflit. Ces travaux visent à renforcer les capacités d’accueil des infrastructures belges pour le transport de matériel militaire lourd et volumineux.

Faciliter le transport de marchandises militaires

Le port d’Anvers et celui de Zeebrugge occupent une place stratégique. Deux des quatre principaux corridors de transport militaire européens empruntent ces axes pour rejoindre, d’une part, la Pologne et les Pays baltes, et de l’autre, le sud de l’Europe. Infrabel prévoit des ajustements significatifs, tels que l’élargissement des tunnels, le renforcement des ponts et le développement des voies ferrées pour permettre la circulation de trains militaires, souvent plus longs et plus lourds. Ces investissements bénéficieront également au transport civil, permettant d’accueillir des convois de marchandises plus imposants et renforçant ainsi la compétitivité du réseau ferroviaire belge.

Le transport de marchandises civiles également concerné

Sur le plan européen, la nécessité d’améliorer la mobilité militaire s’impose. L’Union européenne a répertorié 500 points sensibles dans ses infrastructures et prévoit d’investir 100 milliards d’euros pour optimiser ces réseaux. Parmi les propositions phares, un « Schengen Militaire » vise à accélérer le déploiement des forces armées entre États membres. « C’est assez simple, explique Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Plus vite nous pourrons déplacer nos forces militaires, plus forts nous serons pour nous défendre. » En cas de crise, le délai pour une autorisation de passage de convois militaires pourrait être réduit de 45 à seulement 3 jours, et même supprimé temporairement si nécessaire.

Tester la mobilité militaire

Dès 2026, des exercices militaires européens permettront de tester concrètement cette nouvelle mobilité améliorée. Ce cadre vise à renforcer la coordination entre les États membres face aux menaces, notamment en cas de confrontation directe avec la Russie. Les infrastructures belges, préparées grâce au plan d’Infrabel, joueront un rôle clé dans cette stratégie globale. L’objectif est clair : garantir un acheminement fluide et rapide des troupes et des équipements militaires dans toute l’Europe, tout en optimisant les réseaux pour le transport civil. Ces ajustements s’inscrivent dans une démarche européenne plus large de modernisation et d’organisation face à un contexte de sécurité tendu.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus