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Aurore est une jument maltraitée avec, sur le corps, de multiples plaies profondes. Sous-alimentée, elle pèse aujourd’hui 330 kilos, une centaine de moins que la normale. Elle continue à perdre du poids malgré l’apport en nourriture de ces derniers jours.
« Ses intestins ont du mal à digérer la nourriture proprement et elle réapprend à manger en fait. Elle est toujours dans un état assez critique en ce moment. Mais voilà, il faut prendre de jour en jour comment elle va », détaille Emilie Leus, responsable du service de médecine interne d’une clinique vétérinaire.
Plusieurs fois par jour, la jument reçoit des soins. Aurore séjourne dans une clinique qui soigne chaque année des milliers de chevaux. Certains comme Aurore ont fait l’objet d’une saisie, victime de maltraitance. « On essaye de vraiment avec multiples disciplines, multiples expertises donner le meilleur de ce qui est possible. L’être humain, pour eux, est une menace quand ils ont été malmenés dans la vie comme ça. Il y a toute une phase où il faut qu’on comprenne un peu l’état psychologique dans lequel est le cheval », note Florent David, directeur d’une clinique vétérinaire
Si la jument retrouve la santé, elle prendra la direction d’un refuge de Gembloux, spécialisé dans les chevaux et les animaux de la ferme. Penny figure comme Aurore parmi les animaux saisis la semaine dernière : son état de santé est désormais stable. « Elle est arrivée dans un état où elle était infestée de parasites. Elle a été soignée par notre vétérinaire directement. On l’a traité pour tout ce qui est parasites internes et externes. Puis, progressivement on réalimente » explique Lucas Maton, employé dans le refuge.
« Elle a été tellement mal soignée, mal nourrie qu’elle a le corps d’un veau de 3 mois alors qu’elle a 11 mois », fait remarquer Sophie Locatelli, la présidente.
Le refuge héberge en ce moment environ 300 animaux. Parfois de petites tailles, mais bien souvent ils occupent un espace conséquent. « Ce sont des animaux qui demandent énormément de ressources, énormément de foin, de paille, de nourriture et donc qui coûtent aussi très très cher pour les structures comme les nôtres. Jusqu’à 150, 200, 250 euros par mois par animal ».
Au cœur d’un suivi intensif, Penny, la vache, pourrait à terme être adoptée. Quant à Aurore, son état de santé devrait la contraindre à rester hospitalisée encore plusieurs semaines.















