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« Toujours la contrainte… » : voici pourquoi le délégué aux droits de l’enfant est formellement contre l’interdiction des réseaux sociaux chez les jeunes

par RTL info
Invité du bel RTL matin ce mardi, Solayman Laqdim, délégué général aux droits de l’enfant, s’est montré très critique face à l’idée d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Selon lui, la réponse aux dérives du numérique passe avant tout par l’éducation et par une plus grande responsabilité des plateformes.

Interrogé sur l’impact du numérique sur la santé mentale des jeunes, Solayman Laqdim rappelle que l’environnement numérique n’est pas uniforme. « Il y a de bonnes choses et puis il y a des choses très mauvaises », explique-t-il. Il cite notamment le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus pornographiques, l’exploitation sexuelle, les discours haineux ou encore la désinformation. « Tout ça est très mauvais, il faut le combattre avec beaucoup, beaucoup de force », insiste-t-il.

Protéger les enfants « dans » le numérique

Pour autant, le délégué général aux droits de l’enfant ne plaide pas pour une mise à distance totale des écrans. « Il ne faut pas protéger nos enfants du numérique, il faut les protéger dans le numérique », affirme-t-il. L’objectif est, selon notre invité, de donner aux jeunes les bons réflexes face aux plateformes, tout en imposant à ces dernières des règles strictes. « Contraindre surtout ces plateformes à adopter un environnement qui soit safe pour nos jeunes », résume-t-il.

Interdire les réseaux ? « Fausse bonne idée »

Le débat politique autour d’une interdiction des réseaux sociaux avant 15 ou 16 ans ne convainc pas Solayman Laqdim qui estime que c’est une « fausse bonne idée ». « J’ai toujours beaucoup de mal avec des politiques qui ne voient les choses que sous le prisme de la contrainte », dit-il. Il rappelle que l’âge légal actuel est déjà fixé à 13 ans, mais que la règle est largement contournée : « Aujourd’hui, on a 70 % de nos jeunes qui ont déjà un ou plusieurs comptes alors que l’interdiction est à 13 ans. »

Selon lui, relever l’âge légal ne ferait qu’aggraver la situation. « Ils contournent les interdictions. Ils sont plus experts que nous dans l’environnement numérique. Donc si vous mettez l’interdiction à 15 ans, qu’est-ce qui va se passer ? Vous aurez des faux comptes. » Il va même plus loin : « Ils vont aller vers des espaces encore moins bien régulés. »

Miser sur l’éducation

Solayman Laqdim plaide plutôt pour un accompagnement des jeunes. « Ce qui est important, c’est de faire en sorte de les accompagner dans le numérique », explique-t-il, en évoquant l’éducation aux médias et à la vie relationnelle, affective et sexuelle en ligne. Avant de conclure : « Il ne faut pas faire reposer sur les enfants et sur les familles la responsabilité, mais sur les plateformes. »

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