Accueil Actu Belgique Société

« Ils constatent la souffrance de leur enfant » : les parents sont souvent démunis face au harcèlement, que peuvent-ils faire ?

par RTL info avec Frédéric Delfosse, Pierre Morleghem, Serge Vermeiren et Thomas Decupère
Face au harcèlement de leurs enfants, les parents se sentent souvent démunis. Comment faire pour repérer les indices et déceler les faits dans un premier temps, et puis aussi comment réagir et en parler aux bonnes personnes ? Éléments de réponse.

Les parents ne sont pas armés pour faire face à ces situations compliquées vécues par leur enfant. Et pourtant, ils sont souvent en première ligne, comme le démontrent ces quelques témoignages rassemblés par un centre spécialisé en santé mentale.

« J’ai demandé de l’aide à ma maman et après elle s’est redirigée vers la direction mais ça n’a rien changé du tout », témoigne une jeune fille. « Je pensais que c’était de ma faute, après il y a un ami qui a compris ce qui se passait et qui en a parlé avec ma maman », confie un autre enfant.

Écoute attentive

Entendre le mal-être est la première étape, tout en étant attentif à ce que l’on demande. « On a tous un petit peu menti à nos enfants quand on leur a dit au début que l’école, c’est génial, qu’on s’y fait un tas de copains et qu’on y apprend des choses intéressantes. On sait que les enfants vont parfois être en difficulté parce qu’ils ont peur de décevoir leurs parents », explique Bruno Humbeeck, docteur en psychopédagogie, pédagogie familiale et scolaire.

« Lors des premiers jours d’école, le parent demande souvent à l’enfant si ça a été, avec l’attente d’un oui. Sauf que l’enfant perçoit cette attente et donc, dès qu’il est confronté à des difficultés, il n’ose pas en parler à ses parents parce qu’il a peur de leur faire de la peine », poursuit-il.

Éviter de banaliser

Et pour comprendre cette peine, il faut éviter de banaliser, ou de vouloir à tout prix se mettre à la place du jeune. « Ce n’est pas une bonne façon de l’aider en lui disant des trucs du style, tu sais moi j’ai vécu la même chose ou j’ai vécu ça et je m’en suis sorti comme ça. Il faut éviter », affirme Bruno Humbeeck.

« L’enfant est à sa place, l’adolescent est à sa place et ce qu’il vit, il le vit en fonction de ce que lui en éprouve. Et donc ce qui est important, c’est qu’il puisse exprimer ses émotions en sachant qu’il a le droit de les exprimer. Il a le droit d’être triste, il a le droit d’être en colère », conseille Bruno Humbeeck.

Se faire aider par des services compétents

Ne pas chercher à repérer les signes du harcèlement éventuel mais faire exprimer le vécu, le ressenti et puis se faire aider pour décoder et comprendre. C’est notamment la mission du service « Écoute École » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui reçoit 200 appels par mois, dont les trois quarts proviennent de parents, et qui correspondent dans 1 cas sur 5 à des problèmes de harcèlement.

« Ils cherchent à savoir ce qu’ils peuvent faire, le sentiment d’impuissance pour un parent est vraiment hyper difficile à vivre. Ils ont besoin d’agir évidemment pour pouvoir contribuer à la fin de cette situation. D’autant plus qu’eux constatent la souffrance de leur enfant et donc l’état général souvent de leur enfant se dégrade », souligne Marie Joachim, coordinatrice du numéro vert Écoute École.

Éviter d’en faire « un drame collectif »

Cela doit amener le parent à une troisième posture importante : éviter d’en faire une affaire de famille. « On n’en parle qu’aux personnes qui sont susceptibles de mettre en place une action pour gérer la difficulté de l’enfant ou de l’adolescent et toujours avec l’accord de l’enfant ou de l’adolescent », informe encore Bruno Humbeeck.

« Il faut aussi éviter à un moment donné d’en faire un drame collectif qui met l’enfant au centre et qui donne l’impression que l’enfant est une victime condamnée à être positionnée dans cette posture de victime. Ça, c’est terriblement douloureux pour l’enfant » insiste le psychopédagogue.

Et pour mettre fin à ces situations de souffrance, éviter de mettre le mot « harcèlement » sur ce vécu. Exprimer les émotions ressenties auprès des responsables de l’école, du club sportif ou du mouvement de jeunesse.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus