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Marc Roche, spécialiste de la famille royale britannique, sort un livre intitulé « Ma vie chez les Windsor », dans lequel il raconte son expérience de correspondant au sein de Buckingham Palace.
Vous avez rencontré le roi Charles III plusieurs fois. Et vous vous demandez à un moment donné s’il a la carrure pour être roi. Vous écrivez : « Il peut faire preuve d’une surprenante naïveté, cet être généreux, enthousiaste, idéaliste, un peu boy-scout, dépourvu de la dose de calcul, indispensable au vrai homme d’État ». Après coup, estimez-vous que c’est un bon roi ?
Je crois que Charles III a surpris son monde. D’abord, il était très bien préparé à la tâche, mais c’est vrai que comme prince de Galles, il n’avait pas fortement impressionné, si ce n’est dans les positions avant-gardistes qu’il avait prises, comme sur l’environnement où il a été un précurseur. C’est un bon roi, mais finalement, ça n’a aucune importance, qu’il soit bon ou qu’il soit mauvais. Simplement, il est dédié à la tâche parce que le roi, comme en Belgique, au Royaume-Uni, règne mais ne gouverne pas. Et donc, il a fait ce qu’il devait faire, mais aujourd’hui, il y a un vice-roi qui est William et qui, lui, a pris de facto le pouvoir à cause de la maladie de Charles III, dont on ne connaît d’ailleurs ni la gravité, ni la nature du cancer.
On se demande si William, à un moment donné, se pose la question : dans chaque chose qu’il fait, dans chaque choix qu’il fait, y compris dans les relations qu’il peut avoir avec son propre frère, est-ce que c’est utile pour la couronne ? Comme si le job arrivait avant toute considération humaine, presque ?
C’est la règle du jeu. C’est-à-dire que William, comme Charles, sont dans un moule. Ils ont été formatés pour ce rôle de roi et ce rôle de prince héritier. Ce qui est étonnant chez William, c’est qu’il n’hésite pas à marcher sur les plates-bandes de son père. Parce que si on voit l’action du prince William, qui est très centré sur l’écologie, comme le Roi, sur la diversité, comme le Roi, et sur l’œcuménisme religieux, comme le Roi. Donc, il a repris tous les dossiers du Roi, sans que celui-ci puisse faire quoi que ce soit, puisqu’il est limité par son état de santé, et par le fait aussi qu’il est conscient, Charles III, que William, c’est la nouvelle génération. C’est quand même William et Kate, qui sont les membres les plus populaires de la famille royale, alors que le Roi et son épouse ne sont pas très populaires.


















