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Depuis ce dimanche matin, 40 hypermarchés et 43 supermarchés Carrefour Market, soit les 83 magasins intégrés de l’enseigne, ouvrent désormais leurs portes entre 8h et 12h. Si quelque 600 magasins franchisés étaient déjà ouverts le dimanche, il s’agit cette fois d’une généralisation à l’ensemble des points de vente sous gestion directe.
Chez les clients, les avis sont contrastés. Certains saluent cette mesure comme un vrai plus dans leur organisation personnelle : « C’est très bien. Nous sommes infirmières donc c’est bien pour quand on n’a pas le temps de faire les courses la semaine », explique une cliente. Une autre souligne : « Oui, ça me permet d’être un peu plus libre mon jour de congé dans la semaine. »
D’autres, au contraire, y voient une dérive inutile : « Je trouve ça aberrant, on peut faire ses courses du lundi au samedi », estime une dame. Un homme confie quant à lui : « Moi le week-end je n’ai pas le temps. »
Le personnel pas unanime non plus
Au sein du personnel Carrefour, la mesure divise également. Manuel Gonzalez, permanent CNE Commerce, constate des réalités très contrastées d’un magasin à l’autre : « Il y a des magasins où il y a eu énormément de volontaires, dans les CDI, dans les CDD. Dans d’autres magasins, ils ont dû plus combler avec des étudiants parce qu’il n’y avait pas assez de volontaires. »
Du côté du Setca, la présidente Myriam Delmée est claire : « Est-ce que le commerce du dimanche matin est nécessaire ? Non. Les clients n’ont pas besoin d’aller faire leurs courses le dimanche matin quand on sait que les magasins sont ouverts déjà plus de 80 heures par semaine. » Et lorsqu’on lui demande si elle se laissera tenter par des courses un dimanche… « Si vraiment j’ai oublié quelque chose d’indispensable. Mais vous ne me verrez jamais avec une grosse charrette un dimanche. »
Une nécessité stratégique pour Carrefour
Pour Carrefour, cette ouverture généralisée est un virage stratégique. « C’était une nécessité pour ne pas laisser les consommateurs qui ont envie de faire leurs courses le dimanche aller à la concurrence. Ceux qui étaient ouverts avaient un avantage compétitif. L’idée c’est de réaligner cet avantage », analyse Christophe Charlot, rédacteur en chef du magazine Gondola.
« L’avantage pour Carrefour, c’est que leurs magasins sont bien adaptés à ce type d’ouverture. Ils offrent un assortiment très large, de la poissonnerie à l’électro. Les gens qui ont le temps peuvent apprécier de retrouver tout au même endroit. » Le poids économique de cette journée est loin d’être négligeable : le dimanche représente entre 8 et 10 % de la consommation hebdomadaire en Belgique, selon des chiffres de Gondola.
Sur base volontaire
L’accord signé en décembre dernier prévoit que les employés peuvent travailler le dimanche sur base volontaire, avec une majoration de 50 % par heure prestée. À ce jour, seuls Colruyt, Lidl et Aldi restent fermés le dimanche en Belgique. Carrefour espère que cette nouvelle politique lui permettra de fidéliser une clientèle plus large et de renforcer sa position sur un marché de plus en plus concurrentiel.















