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Ce matin avait lieu l’ouverture d’une boutique pas comme les autres à Bruxelles. Sur la devanture, un message assumé : fabrication chinoise avec à l’intérieur, des lunettes à bas prix.
Les premières montures s’affichent à 2,50 euros et 5 euros, les verres unifocaux. De quoi séduire les clients, peu importe le pays de fabrication. « Pour les montures, ça ne m’embête pas vraiment, tant que les verres sont adaptés à ma vue, il n’y a pas de soucis aussi ». « Vu la conjoncture actuelle, je ne fais pas trop attention à ça ». « Je pense qu’ici, il y a une traçabilité aussi, on sait que ça vient de Chine. Je me dis à ce prix-là, on ne risque rien », entend-on à l’intérieur du magasin.
La marque compte bien sur ses prix cassés pour attirer et fidéliser sa clientèle : elle a décidé d’ouvrir ses premiers magasins en Europe. « On va s’étendre après sur d’autres contrées, mais je pense qu’on aide aussi le consommateur européen à pouvoir retrouver son pouvoir d’achat. C’est vraiment pour essayer les montures, pour rassurer le consommateur, qu’à 2,55 euros, il peut avoir une belle paire de lunettes et pas autre chose », explique Guy Flanquart, ambassadeur de la marque.
Lunettes, textiles, voitures, les produits chinois sont partout. Selon Elsa Leromain, professeure assistante en économie international, ce ne sont plus seulement des biens de fabrication chinoise, mais bien de vraies marques qui s’imposent dans le monde entier. « On a beaucoup plus en valeur de biens chinois importés, et surtout dans certains secteurs où la Chine a beaucoup cru ces dernières années, particulièrement dans les biens électroniques, la fastfashion, mais ça, cela fait depuis certaines années, les voitures, donc des biens qui sont plus complexes et qui arrivent maintenant sur nos marchés ».
En 2025, la Chine a enregistré un record : elle a vendu pour 1.031 milliards d’euros de plus qu’elle n’a acheté. Ses exportations ont augmenté de 5,5 % malgré une forte chute vers les Etats-Unis, moins 20 % à cause des droits de douane américains. Une perte compensée grâce à plus de ventes en Afrique, en Asie du Sud-Est, mais aussi en Europe.
« Il y a aussi le contexte actuel et l’incertitude au niveau du marché américain avec les droits de douane, mais aussi l’incertitude politique, à savoir qu’est-ce que vont devenir ces droits de douane, qui donne une raison supplémentaire aux Chinois de se tourner vers le marché européen maintenant », détaille la professeure.
Pour freiner les importations, l’Union européenne impose jusqu’à 35 % de taxes sur les voitures électriques chinoises et pourrait bientôt toucher les hybrides. Tous les petits colis chinois seront taxés 3 euros à partir de juillet 2026.

















