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Les tensions ne faiblissent pas à Minneapolis après la mort de René-Nicole Goode, survenue lors d’un contrôle de l’agence fédérale de l’immigration (ICE). Abattue dans des circonstances controversées, cette affaire relance les accusations contre cette agence perçue par beaucoup comme incontrôlable.
La Maison Blanche, par la voix de ses porte-parole, évoque un acte de légitime défense, mais la colère dans la rue et les critiques d’élus locaux, notamment dans le Minnesota et l’Illinois, bouleversent le climat politique. Ces deux États ont d’ailleurs déposé plainte pour violation de la Constitution.
Une foule stupéfaite assiste aux contrôles violents
Les images capturées sur place depuis cet incident montrent une escalade de tensions. Dans une séquence particulièrement troublante, un homme faisant le plein est forcé de répondre à des questions sur ses origines, sous l’œil d’une foule outrée. Les agents finissent par quitter les lieux, accueillis par des huées et l’indignation grandissante d’une population qui dénonce des comportements arbitraires. « Je peux vous dire avec certitude que ce n’est plus supportable », a insisté Jacob Frey, maire de Minneapolis. « Cette agence est désormais considérée par beaucoup d’Américains comme une milice, une milice armée qui enfreint le droit », éclaire Richard Werly, journaliste, éditorialiste, auteur de « Cette Amérique qui nous déteste ».
ICE a été créée après les attentats du 11 septembre
Créée après les attentats du 11 septembre 2001 dans le cadre de la loi sur la sécurité intérieure, l’agence ICE s’est vue renforcée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Avec un budget accru et un mandat élargi, elle s’emploie à lutter contre l’immigration clandestine. « Nous ne laisserons pas notre pays être détruit par l’anarchie et l’invasion du tiers-monde », affirmait Donald Trump, insistant sur le rôle de cette institution pour stopper ce qu’il considère comme une menace pour le pays.
C’est le Far West
Il y aurait entre 11 et 13 millions de personnes en situation irrégulière sur le territoire américain. 605 000 ont été expulsées l’an passé. 65 735 seraient détenues actuellement. Pour accélérer le processus d’expulsion, les autorités font appel à de nouvelles recrues. « On apprend que de gens sont recrutés quasiment en un ou deux jours dans des États comme le Texas, affirme Richard Werly, journaliste, éditorialiste, auteur de « Cette Amérique qui nous déteste. On les arme. On leur donne un agenda extrêmement flou qui consiste à traquer tous les immigrants, sans avoir de procédure particulière pour distinguer les immigrants illégaux, les immigrants légaux et les citoyens américains. C’est le Far West ! ».
Donald Trump menace d’activer la loi de l’insurrection de 1807
Dans ce climat tendu, Donald Trump envisage éventuellement d’invoquer la loi relative à l’insurrection de 1807, qui permettrait de mobiliser des forces armées pour rétablir l’ordre à Minneapolis. Une décision qui intensifierait encore le sentiment de peur dans une nation déjà divisée. « Ne l’oublions pas, dans l’agenda politique de Donald Trump, il y a la peur. Il faut faire régner la peur pour impressionner, pour décourager les opposants », déclare encore Richard Werly, soulignant les implications politiques et sociétales de ce choix stratégique.
Si 36 % des Américains soutiennent la politique de Trump, plus de la moitié s’inquiète des techniques agressives employées.

















