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Prévue pour le 6 février à 2 h 09 (heure belge), la mission Artemis II doit marquer le grand retour des astronautes autour de la Lune, plus de cinquante ans après Apollo. « La fusée SLS devrait décoller avec quatre astronautes à son bord en direction de la Lune », explique Pierre-Emmanuel Paulis, instructeur à l’Euro Space Center et président de la Mars Society Belgium. La fusée sera installée sur son pas de tir entre le 19 et le 24 janvier, signe d’un compte à rebours désormais bien engagé.
Mais rien n’est jamais totalement garanti dans le spatial : « La fenêtre de lancement du 6 février ne dure qu’une demi-heure. Si le décollage n’a pas lieu dans ce délai, la mission sera reportée », précise Pierre-Emmanuel Paulis. L’ingénieur souligne qu’il s’agit là d’un moment « de suspense intense » pour les ingénieurs et les passionnés du monde entier.
La Lune avant Mars
La priorité américaine est désormais claire : la Lune d’abord. « On s’est bien rendu compte qu’il faut passer par la Lune pour envisager d’aller vers Mars », rappelle Pierre-Emmanuel Paulis. Artemis servira donc de répétition générale avant de viser la planète rouge, avec des technologies, des procédures et des équipages préparés à de futurs séjours martiens.
Cette relance s’inscrit aussi dans un contexte de concurrence croissante, notamment avec la Chine. « Les Chinois avancent très très bien », prévient Pierre-Emmanuel Paulis. Selon lui, les États-Unis « ne peuvent pas se permettre trop de délais au risque de se faire dépasser ».
Russie : Baïkonour en ruine
Tout n’est pas au beau fixe sur les autres continents du spatial. En Russie, une scène hallucinante s’est produite au cosmodrome de Baïkonour : « Lors du décollage du dernier Soyouz, une partie de la plate-forme de lancement s’est effondrée », raconte Pierre-Emmanuel Paulis. Il évoque un probable « manque d’entretien » et un « pas de tir inutilisable ».
Les conséquences sont lourdes. Le prochain équipage russe à destination de l’ISS pourrait ne « pas partir dans les temps », voire être transféré « sur une fusée américaine », selon Pierre-Emmanuel Paulis. Et malgré les tensions géopolitiques, la coopération entre la NASA et Roscosmos reste « indispensable » : « Ils ont besoin l’un de l’autre pour poursuivre les activités à bord de l’ISS », souligne Pierre-Emmanuel Paulis.
Astronautes européens : patience pour Raphaël Liégeois, décollage pour Sophie Adenot
Côté européen, Raphaël Liégeois devra patienter. Son premier vol a été repoussé à 2027. « Il est à Cologne pour parfaire son entraînement scientifique », confie Pierre-Emmanuel Paulis. L’astronaute belge « est prêt, il n’a plus qu’à attendre la date ».
Avant lui, la Française Sophie Adenot montera à bord d’une fusée Falcon 9 le 15 février 2026 pour rejoindre la Station spatiale internationale. Mais son équipage a été bouleversé par une affaire d’espionnage : « Un cosmonaute russe a été écarté pour avoir photographié des données confidentielles de SpaceX », révèle Pierre-Emmanuel Paulis. Remplacé à la dernière minute, son départ ne remet toutefois pas en cause la coopération spatiale russo-américaine.














