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Testachats, l’organisation de défense des consommateurs, a récemment mené une enquête approfondie pour évaluer les difficultés des Belges à assumer leurs dépenses en matière de soins de santé. Réalisée auprès de 1 010 répondants entre juin et septembre, cette étude met en lumière des chiffres troublants. Selon Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Testachats, « 22 % des Belges déclarent avoir des difficultés à assumer leurs dépenses de santé ».
Malgré une couverture d’assurance particulièrement large en Belgique (85 % de la population bénéficie d’une assurance complémentaire), les résultats démontrent des situations inquiétantes. « Un quart de la population consacre 20 % de ses revenus à des dépenses de santé. Ce pourcentage grimpe à 35 % dans les foyers touchés par une maladie chronique contre 16 % dans les foyers non concernés », précise Jean-Philippe Ducart.
Des différences en fonction de la région
L’étude dévoile également des disparités régionales significatives. À Bruxelles, 30 % des habitants déclarent avoir des difficultés à couvrir leurs dépenses de santé, contre 26 % en Wallonie et 19 % en Flandre. « 33 % des ménages concernés par une maladie chronique indiquent avoir des difficultés financières, contre 14 % pour les autres », ajoute Jean-Philippe Ducart. Ces chiffres soulignent combien certaines régions et situations particulières s’accompagnent de contraintes financières majeures.
Par ailleurs, certains postes de dépenses pèsent particulièrement lourd pour les ménages. « 29 % des Belges ont du mal à financer leurs lunettes ou lentilles, 26 % les appareils auditifs et 24 % les soins dentaires », détaille le porte-parole de Testachats. Ces catégories figurent également parmi celles où les reports ou les renoncements aux soins sont les plus fréquents, avec 20 % des ménages concernés dans l’ensemble.
Un appel au gouvernement
Ce constat entraîne des conséquences directes sur la santé et les conditions de vie. « 54 % des reports ou renoncements engendrent des problèmes mineurs, mais 35 % sont qualifiés de problèmes importants, et même 11 % comme très graves », alerte Jean-Philippe Ducart. En d’autres termes, ces limites budgétaires compromettent le bien-être de nombreuses personnes.
En réponse, Testachats appelle à des réformes structurelles pour freiner ces tendances alarmantes. L’organisation pointe du doigt plusieurs axes d’amélioration, comme la limitation des suppléments d’honoraires en hospitalisation ou encore l’encouragement d’un conventionnement généralisé des médecins. « Nous avons une évolution négative ces dernières années. Il est nécessaire d’envoyer un signal au gouvernement », conclut Jean-Philippe Ducart.

















