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Plus de 3.000 Belges piégés en 48h par un faux concours de la police fédérale : « Les gens se laissent avoir »

par RTL info avec Samuel Ledoux et Audrey Michotte
Pour lancer sa grande campagne de cyber-prévention, la police fédérale a créé un faux concours sur ses réseaux sociaux pour remporter une voiture de sport. En 48 heures, 3.350 citoyens ont rempli un formulaire avec leurs données personnelles… Des informations très prisées par les organisations criminelles. Preuve de l’importance de poursuivre la prévention.

L’objectif de ce faux concours imaginé dans le cadre de la campagne de cyber-prévention de la police fédérale est de renforcer les connaissances et les réflexes de la population face aux menaces en ligne qui causent de nombreuses victimes chaque année.

L’annonce semble crédible : à gagner, une Porsche 911 de la police des autoroutes. Pour tenter leur chance, les internautes livrent quelques données personnelles. Une nouvelle inscription est comptabilisée chaque minute.

Des milliers de Belges piégés

Résultat : des milliers de Belges piégés en seulement 48 heures. Il s’agit là d’une démonstration inquiétante de la facilité avec laquelle nos données peuvent être détournées.

Christophe Axen, commissaire à la police fédérale de Liège et expert à la Computer Crime Unit, explique qu’une figure d’autorité telle que la police n’est pas forcément un gage de sécurité : « Ici, on a l’image de la police, donc on se dit ‘ok c’est la police, c’est très fiable, c’est cohérent, c’est sécure’. Or, on pourrait avoir une organisation criminelle qui va décider d’utiliser l’image de la police, qui inspire confiance, pour justement générer une page de phishing ou autre. »

Selon Testachats, plus de 710.000 euros ont déjà été perdus rien qu’en janvier 2026 à cause de fraudes en ligne. En 2024, ce sont près de 10 millions de messages suspects qui ont été signalés par les Belges.

On a sonné à ma mère en pleine nuit en lui disant qu’il y avait un problème au niveau de ses comptes bancaires
Une Belge

« On a sonné à ma mère en pleine nuit en lui disant qu’il y avait un problème au niveau de ses comptes bancaires et qu’il fallait absolument remettre en ordre avec le boîtier, et elle s’est fait arnaquer de je crois bien 600 euros », témoigne par exemple une Belge.

Vigilance insuffisante

Des chiffres qui illustrent l’ampleur du phénomène, et la vigilance toujours insuffisante face aux arnaques numériques.

« On peut avoir des escroqueries sentimentales, on va essayer de construire une relation et puis soutenir de l’argent. Dans un contexte professionnel aussi, on va faire croire qu’on peut proposer une activité professionnelle intéressante mais on va inciter la personne à payer finalement pour pouvoir travailler. C’est assez incohérent mais les gens se laissent avoir », détaille par exemple Christophe Axen.

« Et on a aussi les escroqueries au niveau des factures, on modifie les factures dans les boîtes mail et les gens sont tentés à payer sur un mauvais numéro de compte », ajoute le commissaire.

La police rappelle aussi l’importance de déposer plainte. « C’est utile de déposer plainte et de construire sa plainte avec des éléments concrets, des copies d’écran, des numéros de compte, des numéros de téléphone pour pouvoir permettre aux policiers d’encoder ça dans le système et faire des liens entre les dossiers », insiste Christophe Axen.

Cette campagne de cyber-prévention menée par la police fédérale se déroulera jusqu’au début de l’été, avec des capsules vidéo diffusées sur les réseaux sociaux pour alerter et sensibiliser aux risques de fraude en ligne.

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