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Cela fait désormais quatre ans que le panier RTL info / Testachats suit l’évolution des prix dans les supermarchés en calculant l’inflation sur un panier de courses de plus de 3000 produits. Tout au long de l’année 2025, celle-ci n’est jamais descendue sous les 3 %, alors qu’elle était encore de 2,81 % en décembre 2024. Elle a même connu un pic à plus de 5 % au mois de juin. Fin 2025, l’inflation s’élevait à 3,83 %.
Sur base de plus de 3 000 prix relevés dans les chaînes de supermarchés Albert Heijn, Carrefour, Colruyt, Delhaize, Aldi et Lidl, l’évolution des prix de différents produits est calculée. En moyenne, le panier de courses est devenu 3,83 % plus cher en 2025, mais ce chiffre cache des hausses marquées ainsi que quelques légères baisses.
Qu’est-ce qui a augmenté en 2025 ?
La hausse de l’inflation est à imputer à certains produits en particulier. Le chocolat figure parmi les produits dont le prix a le plus fortement augmenté. Le chocolat au lait est aujourd’hui en moyenne 33 % plus cher qu’au début de l’année, et le chocolat noir 28 % plus cher. Pour 100 grammes de chocolat noir, on paie désormais environ 1,83 euro, contre 1,51 euro en début d’année. Cette tendance à la hausse ne date pas d’hier : en quatre ans, le prix du chocolat a presque doublé. En janvier 2022, une tablette de chocolat noir de 100 g coûtait encore 0,94 euro.
Le café a lui aussi connu une forte augmentation. En 2025, le café moulu a vu son prix grimper en moyenne de 20 %, tandis que les dosettes de café ont augmenté de 28 %. Un paquet de 36 dosettes coûte aujourd’hui environ 4,51 euros, soit près d’un euro de plus que l’an dernier. Comme pour le chocolat, ces hausses s’expliquent par de mauvaises récoltes dues à des conditions climatiques défavorables et à des maladies, combinées à une demande mondiale en hausse.
La viande, et en particulier le bœuf, s’est également renchérie de manière significative. Le prix moyen du steak atteint aujourd’hui 26 euros le kilo en supermarché, contre 21,5 euros il y a un an. Cette hausse est notamment liée à plusieurs maladies ayant touché le cheptel belge, dont la fièvre catarrhale ovine et l’IBR, une infection virale des voies respiratoires.
Qu’est-ce qui a baissé en 2025 ?
Certains produits sont heureusement devenus légèrement moins chers en 2025, même si les baisses restent limitées. L’huile d’olive a ainsi connu un léger recul des prix en 2026, après avoir fortement augmenté au cours des trois années précédentes. Un litre d’huile d’olive de marque distributeur coûte aujourd’hui 11,19 euros, contre 11,40 euros au début de l’année dernière. Ce prix demeure toutefois nettement supérieur à celui de 2022, où le litre coûtait encore 7,62 euros.
Les pâtes ont également vu leur prix légèrement diminuer. Un paquet de 500 g de spaghetti de marque distributeur coûte en moyenne 0,87 euro, contre 0,90 euro l’an dernier. Là encore, les prix restent bien plus élevés qu’au début de 2022, lorsqu’un paquet coûtait 0,70 euro.
Enfin, les pommes de terre sont elles aussi devenues un peu moins chères. Le prix moyen d’un kilo s’élève aujourd’hui à 2,08 euros, soit 10 centimes de moins qu’au début de l’année précédente. Ce montant reste toutefois sensiblement plus élevé qu’en janvier 2022, où le kilo coûtait encore 1,49 euro.
À quoi s’attendre pour 2026 ?
Anticiper l’évolution des prix alimentaires pour l’année à venir reste particulièrement complexe, mais le Bureau du Plan prévoit une poursuite de la baisse de l’inflation des prix à la consommation, principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie. En matière d’alimentation, les perspectives sont toutefois incertaines, car elles dépendent fortement des conditions météorologiques et de l’éventuelle apparition de maladies touchant les plantes ou les animaux.
Les conséquences de l’accord Mercosur – largement dénoncé par les agriculteurs – restent également floues. Cet accord vise à faciliter les échanges commerciaux avec plusieurs pays d’Amérique latine en réduisant, voire en supprimant, les droits d’importation. Étant donné l’importance des importations agricoles européennes en provenance de cette région, certains produits pourraient devenir moins chers.
Les conseils de Julie Frère
« Étant donné l’impossibilité de prévoir l’évolution des prix en supermarché pour l’année à venir, et les prix élevés que nous connaissons aujourd’hui pour plusieurs produits, nous ne pouvons que recommander aux consommateurs d’adopter de bonnes habitudes d’achat », explique Julie Frère, porte-parole de Testachats. « Vérifiez toujours le prix à l’unité afin de comparer correctement les produits. Vous saurez ainsi immédiatement si un maxi-pack est réellement avantageux ou non. Évitez également les achats impulsifs, qui rendent plus vulnérable au marketing. Enfin, gardez à l’esprit que certaines marques de distributeur restent, à prix plein, moins chères que les marques nationales, même en promotion. »













