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Début du procès contre l'État belge dans le dossier de la tuerie de la Place Saint-Lambert

Les plaidoiries dans le procès qui oppose les victimes de la tuerie de la Place Saint-Lambert à l'État belge débutent aujourd'hui devant le tribunal de première instance de Liège. Quel est l'objectif de cette action en justice ?

Le 13 décembre 2011, à 12h32, Nordine Amrani, un homme âgé de 33 ans en liberté conditionnelle, ouvre le feu depuis la plateforme surplombant la place Saint-Lambert, avec un fusil d'assaut et des grenades. Cinq personnes ont été tuées et plus d'une centaine blessés. La veille, il avait également tué son aide-ménagère. L'assaillant a ensuite mis fin à ses jours, se tirant une balle dans la tête. Dans son sac, les autorités ont découvert d'autres munitions.

Nordine Amrani avait été condamné en 2008 pour trafic de stupéfiants. Auparavant, en 2003, il avait été condamné pour le viol d'une mineure en situation de handicap. Sorti de prison en octobre 2010, il était convoqué le jour des faits à la brigade judiciaire pour des faits de mœurs. Il ne s'est jamais rendu à son rendez-vous.

Certaines familles des victimes ont décidé d'attaquer l'État belge en justice. Selon Me Alexandre Wilmotte, qui les défend, la liberté conditionnelle de Nordine Amrani a été accordée trop tôt et dans de mauvaises conditions alors qu'il existait des contre-indications. Une fois octroyée, le suivi des conditions avait été lacunaire ou inexistant car aucune des conditions posées n'avait été respectée.

"Force est de constater que les informations, sur lesquelles le Tribunal de l'application des peines s'est basé, étaient totalement insuffisantes, notamment sur une promesse d'embauche qui était totalement illusoire pour les besoins de la cause. Si un minimum de vérifications avait été fait, on se serait rendu compte que tout cela ne tenait absolument pas debout, et que le plan de reclassement proposé non plus. Et puis, il y a le suivi des conditions qui avait été posé, on a pu constater qu'en réalité, qu'aucune d'entre-elles n'a été respectée. C'est surréaliste pour les victimes qui ont perdu un être cher ce jour-là" explique Me Alexandre Wilmotte

Reconnaître que des fautes ont été commises

Le but de cette action en justice est d'éviter que ce genre d'acte ne se reproduise à l'avenir, et d'améliorer le suivi des personnes placées en libération conditionnelle.

L'avocat justifie en disant que "pour les victimes, il y a la nécessité d'une reconnaissance que des fautes ont été commises. Ce qu'il s'est passé, ce n'est pas la faute à pas de chance. La réalité, c'est qu'il y a des responsabilités là derrière. Il ne s'agit pas de pointer du doigt un homme, une responsabilité déterminée, mais c'est tout un ensemble qui a fait que le système ne fonctionne pas, notamment en ce qui concerne le suivi des libérations conditionnelles. Le souci des victimes, c'est qu'on en tire les conséquences pour éviter que cela ne se répète encore et encore."

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