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La cour d'assises de Bruxelles a entamé jeudi l'examen des charges pesant sur Fabien Neretsé, un ancien haut fonctionnaire rwandais, hutu, qui va être jugé pendant six semaines, accusé d'avoir pris part au génocide de 1994 dans son pays. Il est aussi soupçonné d'avoir massacré une Belge, Claire Beckers, en 1994 à Kigali. Jean-Pierre Martin, grand Reporter, était sur la plateau du RTL INFO Bienvenue pour apporter son éclairage.
Si ce procès a lieu c'est aussi grâce à la sœur d'une des victimes Martine Beckers qui se bat depuis 25 ans...
Oui, tout à fait. Elle est marquée par ce combat. Dès la fin du génocide, elle s'est rendue sur place. Et ses avocats, aujourd'hui, nous ont dit 'c'est grâce à son acharnement'. Elle a essayé de recueillir des témoignages. Ce n'était pas facile, sur place, d'essayer d'avoir des preuves de ce qui s'était passé dans la maison où vivaient sa soeur, ses neveux et son son beau-frère. Ce n'était pas facile surtout parce qu'il fallait identifier celui qui a peut-être, selon l'acte d'accusation, conduit cette famille à la mort. Il vivait en France avec un statut de réfugié politique sous une fausse identité. Donc, ça a pris pas mal de temps. Et au bout du compte, ce procès peut avoir lieu. Elle en a besoin parce que, même si le temps fait son oeuvre, elle voudrait avoir des informations supplémentaires. Elle voudrait savoir pourquoi, pourquoi... quelle était la motivation de cet homme qui a conduit sa famille à la mort ? Pourquoi a-t-il suivi les durs du du régime qui ont mené ce génocide ?
Martin Becker témoigne : "Ils se sont installés dans les voitures pour pouvoir partir et, à ce moment-là, après un certain temps, les militaires et les Interahamwes sont venus et ils les ont tabassés et puis les ont tués. Ma soeur en premier, parait-il, parce que c'était la Belge... Ça fait vingt-cinq ans que j'essaie de savoir ce qui s'est réellement passé. Ma soeur, je l'aimais... C'était une femme formidable. C'était une maman hors pair. C' était une femme heureuse, joyeuse, dynamique... C' était pour moi une soeur formidable, vraiment pleine d'attentions pour nous. Et donc c'est insupportable de se dire qu'elle a été tuée quoi... De quel droit on peut prendre sa vie ? Ça reste quelque chose que je ne peux pas accepter."
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