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Les prix de l’immobilier se sont envolés: +28% en 10 ans... dont 10% depuis le Covid!

Les prix de l'immobilier en Belgique ont augmenté de 28% en dix ans, pour atteindre 2.164 euros par mètre carré, ressort-il mardi du tout premier baromètre des prix du site d'annonces immobilières Immoweb. La pandémie de coronavirus a manifestement accentué cette tendance, avec une hausse en la matière de plus de 10% depuis mars 2020. L'économiste Bruno Wattenbergh a analysé ces chiffres ce midi dans le RTL INFO Bienvenue.

Bruxelles est en tête de liste en termes d'augmentation des prix, avec une hausse de 31% à 3.242 €/mètre carré. Elle est suivie par la Flandre (+29%) à 2.256 €/mètre carré et la Wallonie (+24%) à 1.627 €/mètre carré . Ces différences ne sont pas surprenantes car il existe encore des écarts de salaires entre les Régions, analyse Immoweb. Il y a aussi d'autres raisons qui expliquent les différences: la rareté des biens, l’exiguïté du territoire pour Bruxelles, et la concentration des habitants au km carré.

Les prix dans les zones urbaines ont connu la plus forte augmentation en Flandre, avec une progression de 38% au cours des dix dernières années. La pandémie de coronavirus a également intensifié cette tendance à la hausse. Forte épargne, besoin d’espace, de terrasse, de jardin, avec des taux d’intérêt bas... tous ces facteurs ont dopé le marché. Depuis avril 2020, les prix de l'immobilier dans le pays ont augmenté de 10,4%. C'est presque le double de l'augmentation annuelle enregistrée au cours des mois précédant la crise.

La crise du covid a aussi modifié les types de biens recherchés par les Belges

Les régions rurales et les maisons, moins populaires avant la crise du covid, alimentent cette croissance en devenant plus populaires. En pratique, on a en Wallonie l’inverse de la Flandre. En Wallonie, ce sont les villes rurales qui attirent les acheteurs, les prix des habitations allant jusqu’à dépasser ceux des villes. Alors qu’en Flandre, ce sont les villes qui ont vu leurs prix exploser.  Pour son baromètre des prix, Immoweb s'est basé sur les annonces que les agents immobiliers, les propriétaires et les notaires publient sur sa plateforme.

Peut-on parler de surévaluation ?

C’est ce que disait la Banque Nationale de Belgique l’année passée, qui parlait de 14% de surévaluation en moyenne. Ce qu’elle a répété cette année, sans pour autant fournir de chiffres précis. Mais est-ce vraiment la bonne question. Ce qui sera surévalué pour vous, ne le sera pas nécessairement pour moi ou inversement. Aujourd’hui, nous sommes dans une logique parfaite d’offre limitée et de fortes demandes boostées par des taux d’intérêts qui restent fort bas.

 Est-ce que ces hausses peuvent se poursuivre indéfiniment ?

Tant que les taux d’intérêts ne remontent pas, ce qui n’est pas garanti avec l’inflation actuelle, le pouvoir d’achat des Belges qui travaillent reste en général élevé. Tant que la Banque Nationale ne freine pas la part des prix hypothécaires dans le portefeuille des banques … le marché pourrait continuer à s’apprécier, donc à augmenter.

 Qu’est-ce que cette hausse va poser comme problème dans les prochains mois et les prochaines années ?

Cela pourrait augmenter la pression sur les loyers, la difficulté pour les Belges d’accéder à la propriété, alors qu’on le sait, historiquement, être propriétaire est et reste une barrière contre la pauvreté lorsque les revenus baissent à la retraite. L’extrême difficulté pour les jeunes ménages, même ceux où les deux conjoints travaillent, d’accéder à la propriété. Ce qui est un problème à la fois économique, social et politique qu’il va falloir absolument résoudre un jour. Aujourd’hui, ces jeunes doivent faire de vrais calculs pour évaluer s’il n’est pas plus intéressant de louer et d’épargner plutôt que d’acheter.

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