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Ces travailleurs sont vitaux pour de nombreuses personnes, pourtant 16 % d’entre eux veulent changer de métier : « Urgent de conserver les talents »

par RTL info avec Belga
Face au risque croissant de pénurie de personnel infirmier, Zorgnet-Icuro appelle à investir de toute urgence dans un meilleur accompagnement des stagiaires et des nouveaux soignants. La fédération plaide pour un financement structurel et un dialogue renforcé entre pouvoirs publics, secteur des soins et enseignement.

Une aide financière structurelle est indispensable pour encadrer correctement les stagiaires et les nouveaux travailleurs dans les soins de santé, afin de les fidéliser. C’est l’un des messages clés formulés par la fédération patronale des soins Zorgnet-Icuro. Elle appelle aussi à instaurer un dialogue permanent entre pouvoirs publics, organisations de soins et établissements d’enseignement.

Selon une étude d’IDEA Consult menée en 2025 pour le SPF Santé publique, environ 16 % des infirmiers et infirmières envisagent de changer de métier dans l’année ou les cinq prochaines années. Chez les moins de 35 ans, ce chiffre grimpe à un sur quatre. Dans un contexte où, pour 100 départs, le secteur n’enregistre que 80 arrivées, la situation est préoccupante.

Zorgnet-Icuro insiste sur l’urgence d’agir : « Dans un secteur où il n’y a que 80 nouveaux entrants pour 100 sortants, il est crucial de tout mettre en œuvre pour conserver les talents », souligne la fédération.

Aujourd’hui, de nombreuses institutions de soins font déjà de gros efforts pour encadrer les stagiaires et les nouveaux venus, souvent en plus de leur charge de travail quotidienne. Mais cet engagement repose trop souvent sur la bonne volonté individuelle.

33 millions d’euros pour un encadrement professionnel

Comme l’accompagnement demande du temps et une organisation spécifique, Zorgnet-Icuro formule deux recommandations concrètes. La première : dégager un financement structurel. La fédération demande 33 millions d’euros, au niveau fédéral et flamand, afin que chaque organisation de soins puisse disposer au minimum d’un équivalent mi-temps dédié à l’accueil et à l’encadrement des stagiaires et nouveaux employés.

Deuxième recommandation : instaurer un dialogue structurel entre autorités publiques, secteur des soins et enseignement. Les discussions devraient porter sur la répartition des rôles, le calendrier des stages, la formation des mentors et un cadre d’évaluation plus efficace.

Zorgnet-Icuro constate un glissement progressif des responsabilités : « Là où l’enseignement offrait auparavant davantage de soutien, les organisations de soins constatent que la responsabilité de l’encadrement des stages repose de plus en plus – parfois presque entièrement – sur leurs épaules ». La fédération insiste : l’enseignement doit rester un partenaire actif et visible.

Le ministre fédéral de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, se montre réceptif. « Le gouvernement prévoit une enveloppe importante pour un accord social dans le secteur des soins, qui pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros d’ici 2029 », explique-t-il. « Nous préparons actuellement les concertations sociales. Mieux accompagner les starters et les personnes qui reviennent dans le secteur est effectivement une piste d’investissement ».

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