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Les époux Moretti, propriétaires français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana, ont été entendus mercredi sur les faits lors d’une nouvelle audience « marathon » devant la justice du canton du Valais.
La journée a été consacrée à l’audition de Jessica Moretti, qui s’est comme mardi refusée à tout commentaire à son arrivée comme à son départ du siège du ministère public de Sion, la capitale du Valais.
Mme Moretti reste libre sous mesures de contrainte, alors que son mari demeure en détention provisoire depuis le 9 janvier.
« Un nouveau marathon, un nouveau constat un peu frustrant parce que tout le monde n’a pas pu poser ses questions. Donc on se reverra prochainement «, a commenté après onze heures d’audition Me Romain Jordan, avocat de plusieurs familles de victimes.
Comme la veille lors de l’audition de Jacques Moretti, les avocats des parties civiles ont affiché leur frustration de ne pas avoir eu le temps de poser toutes leurs questions à la mise en cause, sans qu’une nouvelle audition soit programmée par le ministère public à ce stade.
« Nous devrons donc organiser d’autres auditions. Les familles, vous savez, elles veulent juste que ça avance maintenant «, a réagi devant les journalistes Me Sébastien Fanti, qui représente quatre familles de blessés.
« Il ne reste plus qu’au ministère public d’organiser rapidement ces conditions pour qu’on puisse poursuivre et que toutes les parties, toutes les familles puissent poser leurs questions, qui sont nombreuses, aux prévenus «, a ajouté Me Jordan.
« Ça se prolongera autant que nécessaire. (Jessica Moretti) entend répondre à toutes les questions, elle ne se dérobera à aucune question qui lui sera posée «, a assuré de son côté l’avocat de la défense Nicola Meier.
La veille, pendant environ dix heures, c’est son mari, Jacques Moretti, qui avait été soumis au feu des questions des magistrats et de certains des 27 avocats des parties civiles.
Il s’agissait de la deuxième audition du couple depuis l’ouverture d’une instruction pénale à leur encontre pour » homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence « après le drame qui a fait 40 morts et 116 blessés. Une première audition le 9 janvier avait porté sur leur situation personnelle.
L’enquête devra lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les différentes responsabilités, la commune de Crans-Montana ayant déjà reconnu qu’aucun contrôle sécurité et incendie n’avait été effectué depuis 2019.
Pour Me Jordan, » se posera aussi la question de savoir si les époux Moretti ne sont pas un peu seuls en l’état sur le banc des prévenus « .
Depuis deux jours, les parties civiles confient en creux leur préoccupation face à la possible libération de Jacques Moretti moyennant le versement d’une caution d’un montant de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros).
Selon ses avocats, les garanties pour cette caution ont été déposées devant le Tribunal des mesures de contrainte, qui devra statuer sur une éventuelle remise en liberté prochainement.



















