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Un homme, condamné pour terrorisme en 2013, qui menaçait vendredi avec un couteau des gendarmes sous l’Arc de Triomphe à Paris est décédé en début de soirée après avoir été blessé de plusieurs balles par l’un d’eux, des faits dont s’est immédiatement saisi le parquet national antiterroriste (Pnat).
Les faits se sont déroulés vers 18H00 lors du ravivage quotidien de la flamme de la tombe du soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe, à deux pas de l’avenue des Champs-Elysées, lorsqu’un homme muni d’un couteau et d’une paire de ciseaux s’est précipité sur un gendarme de la musique de la gendarmerie mobile qui participait au service d’honneur de la cérémonie. Le gendarme visé, présenté dans un premier temps comme très légèrement blessé, ne l’a pas été : l’arme a « buté sur le col de sa gabardine », a précisé le Pnat. Un autre gendarme a fait usage de son arme de service pour neutraliser l’assaillant.
« Faire un massacre », « tuer du flic » : les propos terrifiants de l’assaillant
Atteint de plusieurs balles, l’homme a été transporté à l’hôpital. En début de soirée, le parquet national antiterroriste a annoncé dans un communiqué qu’il était décédé des suites de ses blessures. L’homme avait appelé auparavant le commissariat d’Aulnay-sous-Bois en disant qu’il allait « faire un massacre », « tuer du flic », selon une source proche. L’alerte avait été donnée par les policiers d’Aulnay, mais il n’avait pu être géolocalisé que lorsqu’il était sur les lieux de l’attaque.
Le président Emmanuel Macron a félicité « les gendarmes qui ont réagi tout de suite » et ainsi pu « stopper cette attaque terroriste », en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.
Il avait poignardé plusieurs policiers à Bruxelles
Le 8 juin 2012, Brahim Bahrir s’était rendu à Bruxelles en Thalys depuis Paris pour participer à une manifestation organisée par Sharia4Belgium, un groupuscule extrémiste. Peu avant 18h00 ce jour-là, il avait croisé trois agents de la police locale de Bruxelles-Ouest et les avait attaqués avec un couteau dans la station de métro Beekkant à Molenbeek-Saint-Jean. Il s’en était d’abord pris à une policière, la poignardant dans le bas du dos. L’assaillant, alors âgé de 35 ans, avait rapidement été encerclé par les collègues de la victime. Avec son arme, il en avait encore blessés deux, plus légèrement, avant d’être neutralisé.
Fascination pour le terroriste Mohamed Merah
Après son interpellation, Brahim Bahrir s’était décrit comme un moudjahidine venu à Bruxelles pour y mener la « guerre sainte ». « Je suis venu faire la guerre sainte, lutter pour que les infidèles quittent l’Afghanistan et lutter contre les autorités belges suite à l’affaire du niqab », avait-il affirmé. Une semaine avant les faits, l’identité d’une femme portant le niqab avait entraîné des incidents devant le commissariat de Molenbeek, impliquant des membres de Sharia4Belgium. L’enquête avait également mis en lumière des contacts entre Brahim Bahrir et l’islamiste Malika El Aroud depuis 2006, ainsi qu’une fascination de l’intéressé pour Mohamed Merah, terroriste qui avait tué des militaires et enfants juifs, notamment, en France en 2012.
Brahim Bahrir reconnu coupable de trois tentatives de meurtres pour motif terroriste
Le 25 juin 2013, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait reconnu Brahim Bahrir coupable de trois tentatives de meurtre pour motif terroriste et l’avait condamné à 17 ans de prison. Après avoir été incarcéré en Belgique, le Parisien avait été transféré en France le 27 janvier 2015 à la suite d’une décision de reconnaissance du caractère exécutoire du jugement du tribunal de première instance de Bruxelles, selon le parquet national français antiterroriste (Pnat).
Après avoir purgé sa peine, « il était sorti de détention le 24 décembre 2025 et faisait, depuis lors, l’objet d’un suivi dans le cadre d’une surveillance judiciaire prononcée par le tribunal d’application des peines le 17 juin 2025. Il faisait par ailleurs l’objet d’une mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance » (MICAS), a ajouté le Pnat. Il devait pointer au commissariat tous les jours, d’après une source proche du dossier.
Né en 1978 à Mantes-la-Jolie (au nord-ouest de Paris), Brahim Bahrir était fiché S pour radicalisation, selon la même source.

















