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Lundi il prenait encore les choses de haut. Lui, proche d’Epstein ? C’est une plaisanterie répond-il, à Marc-Olivier Fogiel sur RTL. Certes il l’a connu mais il se dit « Blanc comme neige », et il assume ses liens avec « le premier Epstein », « J’ai trouvé l’homme passionné par l’art, par la culture, par le cinéma », admettant tout juste de la « naïveté » face à l’Américain.
Circulez y’a rien à voir, et Jack Lang s’est envolé mardi pour assister à une foire d’art contemporain à Marrakech. Sauf que l’affaire s’est emballée.
D’abord il y a eu la publication de ses mails échangés avec le milliardaire. Des messages amicaux, plus de 600 mentions qui révèlent le prêt d’un jet privé, et d‘une voiture avec chauffeur. Des échanges de bons procédés en matière d’immobilier, notamment pour la vente d’une propriété au Maroc.
Et puis surtout la création par Epstein et sa fille Caroline Lang d’une société offshore, dans les îles vierges américaines, consacrée à l’achat d’œuvres d’art. L’affaire remonte jusqu’à l’Élysée, et jeudi Emmanuel Macron -qui l’avait toujours soutenu- décide de lâcher Jack Lang. Il demande qu’il soit reçu dimanche à 11 heures au ministère des affaires étrangères par un simple directeur de cabinet, qui réclamera sa démission. Une humiliation.
Forcé de démissionner
Son dossier s’aggrave encore vendredi quand le parquet national financier annonce l’ouverture d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » contre lui et sa fille.
C’en est trop. Le Président de l’Institut du monde arabe, qu’il a eu, dit-il, l’honneur et le bonheur de présider, refuse que l’institution soit entachée par la calomnie… et il présente donc sa démission avant qu’on ne l’exige.
Pour autant il continue à nier toutes les accusations portées contre lui, dans sa lettre de démission il affirme : « elles sont inexactes et je le démontrerai, par-delà le bruit et la fureur des tribunaux médiatique et numérique » Il affirme même se réjouir « que la justice se saisisse de ce dossier ». « Comme professeur de droit, j’ai le plus grand respect pour les juridictions, auxquelles j’apporterai toute ma contribution ». Ce sera donc à la justice de trancher.
L’Élysée lui cherche déjà un successeur qui pourrait être l’ancien ministre des affaires étrangères Jean Yves le Drihan ou l’ex directrice générale de l’Unesco Audrey Azoulay. Quant aux responsables socialistes réunis hier à Paris, tous d’une nouvelle génération, ils ont déjà tourné la page : « la situation n’était plus tenable et il n’avait plus qu’une chose à faire, démissionner », a déclaré Boris Vallaud, le chef des députés PS.
À 86 ans il est peut-être temps pour le mythique Jack Lang, d’entrer à son tour au musée.














