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Invité vedette du Super Bowl dimanche à Santa Clara, en Californie, Bad Bunny a transformé le très attendu spectacle de la mi-temps en un hommage appuyé à Porto Rico et, plus largement, à l’Amérique latine. Pendant une quinzaine de minutes, l’artiste portoricain a mêlé musique, danse et symboles culturels dans une scénographie spectaculaire, tout en évitant soigneusement toute référence directe à Donald Trump ou à sa politique migratoire, pourtant au cœur de nombreuses polémiques entourant sa venue.
Pedro Pascal et Lady Gaga de la partie
Accompagné d’une imposante troupe de danseurs, Bad Bunny a évolué dans les allées d’un village portoricain recréé pour l’occasion, entre salon de beauté, vendeur de glaces traditionnelles (piraguas) et parties de dominos. Sur la pelouse du Levi’s Stadium, ses tubes « Titi Me Pregunto », « Nuevayol » ou encore « Monaco » ont résonné devant des dizaines de millions de téléspectateurs, dans un spectacle quasi intégralement chanté en espagnol.
Plusieurs invités de marque issus du monde hispanique (mais pas que) ont également participé au show, de l’acteur Pedro Pascal aux chanteuses Karol G et Cardi B. La grande surprise est venue de Lady Gaga, qui a interprété une version salsa de « Die With A Smile », habituellement chantée avec Bruno Mars.



Vêtu d’un costume croisé blanc crème et de baskets assorties, Bad Bunny est resté fidèle à son style décontracté, ponctuant sa prestation de quelques touches d’humour, dont l’effondrement volontaire du toit d’un cabanon. Le final, très symbolique, a marqué les esprits : l’artiste a détourné le célèbre « God Bless America » en une célébration de l’ensemble du continent latino-américain, avec une procession de drapeaux de la région.
Pas de politique… mais les critiques de Trump
Si la dimension politique était omniprésente en filigrane, elle n’a jamais été explicitement formulée sur scène. Un choix assumé pour un artiste pourtant connu pour ses prises de position sur la corruption à Porto Rico, l’immigration, le racisme ou la gentrification, thèmes qu’il aborde régulièrement dans sa musique.
Quelques jours plus tôt encore, lors des Grammy Awards, Bad Bunny avait dénoncé la politique migratoire américaine en appelant à mettre « ICE dehors », une référence qu’il n’a pas reprise lors du Super Bowl.





Cela n’a toutefois pas empêché Donald Trump de réagir vivement après le concert. Sur son réseau Truth Social, le président américain a qualifié la prestation d’« affront à la grandeur de l’Amérique », se moquant au passage de l’usage de l’espagnol : « Personne ne comprend un mot de ce que dit ce type », a-t-il écrit, alors que plus de 41 millions de personnes parlent espagnol aux États-Unis, selon des chiffres officiels.
Pétition avant l’événement
Dès l’annonce de la participation de Bad Bunny, fin septembre, plusieurs figures conservatrices avaient critiqué ce choix, Donald Trump évoquant déjà un « horrible » plateau. Une pétition réclamant son remplacement par la star country George Strait a recueilli plus de 130.000 signatures, tandis que l’organisation conservatrice Turning Point a organisé un concert alternatif, baptisé « The All American Halftime Show », avec des artistes country et le rockeur pro-Trump Kid Rock.
Malgré ces polémiques, pour de nombreux spectateurs présents à Santa Clara, la politique est restée secondaire. « Nous devons nous concentrer sur le fait que nous sommes unis », a résumé un supporteur portoricain, soulignant l’énergie et la portée culturelle d’un spectacle qui restera comme l’un des plus commentés de l’histoire du Super Bowl.















