Partager:
Près de quarante ans après son décès en 1987, Dalida est toujours aussi populaire. Elle le doit, depuis qu’il venait d’avoir 18 ans, à son frère Orlando qui a su maintenir son succès par des resorties, des remix, des versions inédites, un biopic et des interventions médiatiques.
La dernière en date est ce coup de gueule dans le Figaro contre un projet de modification de la place Dalida. Ce petit square situé à deux pas de l’ex-maison de la diva est le deuxième lieu le plus visité de Montmartre après le Sacré-Cœur. C’est grâce au célèbre buste de la chanteuse, que l’on doit au sculpteur Aslan. On y voit l’interprète de Gigi l’amoroso, au faîte de sa gloire, avec un visage beau comme l’antique, ses longs cheveux… et la poitrine nue.

Et c’est là que bât blesse. Au cours des années, les milliers de visiteurs ont, en les caressant, patiné les seins à tel point qu’on pourrait croire que Dalida porte un soutien-gorge doré.

Bien des statues à travers le monde connaissent ce polissage particulier. Le pied droit de saint Pierre dans sa Basilique à Rome, le gisant de t’Serclaes sur la Grand-Place de Bruxelles, usé à tel point qu’il a fallu le remplacer en 2016, la poitrine de Juliette à Vérone, ou encore les attributs virils du journaliste Victor Noir au cimetière du père Lachaise.
À chaque fois, on y associe un vœu : rédemption, force, guérison, fertilité, retour de l’être aimé… Dalida, elle, porterait chance. « Je ne sais pas, d’où vient cette légende », dit Orlando, « mais je passe mon temps à signer des autorisations de tournage. Ce buste, vous le voyez dans la série Emily in Paris ou dans Amélie Poulain ».
« Une forme de banalisation du contact non consenti »
Le problème, c’est que les élus écologistes de Paris en sont malades. Ils ne veulent plus voir les touristes toucher ces seins. Pas tellement pour ne pas choquer les Bambinos, mais, comme ils l’ont dit au conseil municipal jeudi dernier, parce que « ces gestes relèvent d’une forme de banalisation du contact non consenti avec la représentation du corps féminin. Ces mises en scène d’actes mimant une agression sexuelle participent à la culture d’impunité ».
Ils exigent que la ville aménage un socle plus élevé, mette des barrières et ajoute un panneau pédagogique. Orlando, toujours propriétaire des droits, est contre, quitte à mourir sur scène. Il veut bien surélever le buste, mais, dit-il, « il est hors de question de mettre des pancartes ou des grilles. Dalida appartient au public. Les gens ont besoin de rêver. À force de tout interdire, on n’interdit plus rien ». Et pour lui, tout le reste n’est que parole, parole, parole…

















