Accueil Actu Monde France

L’extinction progressive de lieux typiquement français profiterait… à l’extrême-droite : une étude donne des chiffres surprenants

par RTL info avec Christophe Giltay
Les élections municipes françaises se dérouleront les 15 et 22 mars. 50 millions d’électeurs seront appelés à désigner plus de 35 000 maires. À 6 semaines du scrutin les études d’opinions se multiplient. Une des dernières en date a mis en lumière, un phénomène bien français… Un véritable choc culturel ! La disparition progressive des bars tabac, dans les communes rurales, qui jouera un rôle clef dans le scrutin.

L’étude a été publiée la semaine dernière par le Centre pour la recherche économique et ses applications : les chercheurs ont croisé, sur 20 ans, les résultats électoraux et les fermetures de bars-tabacs.

Ah, le bar-tabac… Dans la France d’autrefois, pas un village sans bar-tabac… aussi incontournable que la mairie, l’église et le monument aux morts.

Plongez-vous dans vos souvenirs de vacances… le dimanche matin, à l’heure où l’on va faire son tiercé, certains prennent un café crème avec deux croissants… D’autres sont au pastis en Provence, à la bière dans le Nord, ou au petit coup de blanc dans la Loire ; et ça refait le monde : la politique, la météo, les impôts, le football, le rugby. « Hé Robert, passe-moi le journal… je veux voir la photo de Miss Auvergne ».

Ça va, vous avez l’image… et le son ? Mais tout d’un coup, tout s’estompe : les voix, et le sépia remplacent les couleurs… Sur la place, le bar-tabac s’efface, comme gommé par une main invisible. Reste une maison aux volets fermés, avec une enseigne peinte que la pluie a délavée : « Aux Rendez-vous des sportifs », « Le Café des amis », « Chez Paulette »…

Entre 2002 et 2022, environ 18.000 bars-tabacs ont fermé en France. Les causes sont multiples : l’exode rural, la télévision, la hausse du prix du tabac, les contrôles d’alcoolémie et les changements de comportements.

Seulement, cette évolution sociologique n’est pas sans conséquences politiques… et surprise ! L’influence des bars-tabacs n’est pas forcément liée à la fermeture des autres commerces comme les boulangeries, car on n’y fait pas la même chose.

L’étude met en évidence un corollaire entre la fin des bars-tabacs et la hausse du vote pour le Rassemblement national de Marine Le Pen. Pas beaucoup : le RN a augmenté son score de 1,38 % à l’élection présidentielle et de 1,28 % aux législatives là où le bar-tabac a disparu.

Une telle hausse est « suffisante » pour faire basculer l’élection dans certains territoires où le RN a gagné de justesse aux dernières élections, soit dans 3,6 % des communes. Ce qui lui ferait gagner plus de mille mairies rurales en mars.

Dans un bar-tabac, on échange des idées, on s’engueule, mais on cause… C’est un lieu qui fait société. Quand il ferme, on se replie sur soi et sur ceux qui pensent comme vous, sur les réseaux sociaux… et ça profite aux idées radicales.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus