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Le principe d’un service militaire obligatoire nous vient de la révolution française, époque où il fallait mobiliser le peuple pour défendre la patrie en danger. Auparavant, en Europe, les armées étaient composées de volontaires ou de mercenaires.
Un film comme Barry Lyndon montre assez fidèlement la manière dont ça se passait à coup de sergent recruteur. En 1798, la République instaure pour la première fois la conscription obligatoire et ça concerne aussi la future Belgique, à l’époque composée de départements français. Cette mesure était impopulaire dans les campagnes, car elle privait les champs de bras.
Après les guerres napoléoniennes, la plupart des pays dont la Belgique ont adopté un service par tirage au sort. Une disposition injuste, car les enfants de riches pouvaient se faire remplacer par un pauvre qu’ils payaient. En 1909, à la demande de Léopold II, la Belgique a instauré, juste après sa mort, le service obligatoire pour tous. A l’époque, les nations européennes, y compris neutres comme la Belgique, avaient besoin d’importants bataillons comme l’a démontré la guerre de 1914.
Ce système a perduré jusqu’en 1994 en Belgique et 1997 en France. Après la chute du mur de Berlin, les conscrits ont été remplacés par des soldats de métier, moins nombreux mais bien formés et bien équipés, dans la perspective d’opérations extérieures ou humanitaires. Mais avec la guerre en Ukraine, l’horloge de l’histoire a encore tourné, la perspective d’un conflit de haute intensité dans nos régions est revenue à l’ordre du jour. Il nous faut, de nouveau, des corps de bataille.
Si la Belgique et la France envisagent de recruter des jeunes volontaires, chacun en Europe fait à sa guise, il y a ceux qui n’ont jamais supprimé le service obligatoire, comme la Finlande ou l’Estonie, proches de la Russie, mais aussi l’Autriche, la Suisse, la Grèce. Quant à la Lettonie, la Lituanie, la Croatie ou la Suède, elles l’ont récemment rétabli. L’Italie songe, mais rien n’est fait. Seul le Royaume-Uni, l’Espagne et le Portugal l’excluent à court terme. Selon les pays, le service s’étalera de 6 à 12 mois.
A noter que, désormais, les femmes sont aussi concernées. En Scandinavie, très égalitaire, le service est obligatoire pour tous. Ailleurs, c’est sur la base du volontariat. Si c’est oui pour les garçons, pour les filles, c’est peut-être. On verra comment ça se passe en Belgique, mais il ne sera pas question de répondre à la Bruxelloise : «Non, peut-être».


















