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Un trésor historique : des milliers de pièces de monnaie antiques retrouvées près de la frontière belge, le butin ira... à l’État

par RTL info avec Christophe Giltay
À Senon, un village de la Meuse situé à quelques kilomètres de la frontière belge, trois dépôts monétaires renfermant des dizaines de milliers de pièces romaines ont été mis au jour lors d’une fouille préventive. Une découverte d’une ampleur rare dans cette ancienne cité antique oubliée.

En parcourant Senon, petite commune rurale d’environ 300 habitants située à une trentaine de kilomètres au sud de Virton, rien n’indique qu’une ville romaine s’y trouvait autrefois. L’habitat y est dispersé, avec seulement 15 habitants au kilomètre carré. Pourtant, depuis 1906, des ruines antiques sont régulièrement découvertes dans le secteur.

Entre le Ier et le IVᵉ siècle, Senon abritait une cité de moyenne importance, étape le long d’une voie romaine. Elle disposait d’une place centrale, de thermes, d’un théâtre et d’un temple. Une cité dont on a fini par oublier jusqu’au nom. En 1924, un premier ensemble de 10 000 pièces romaines y avait déjà été mis au jour.

Des dizaines de milliers de pièces

C’est dans ce contexte qu’un habitant, souhaitant agrandir sa maison, a déclenché l’intervention de l’Institut national d’archéologie préventive pour sonder le terrain. À seulement quelques mètres sous terre, probablement dans d’anciennes caves, les archéologues ont mis au jour trois amphores contenant des dizaines de milliers de pièces.

La majorité datent du règne de l’empereur Claude II, à la fin du IIIᵉ siècle. L’une des trois amphores n’a pas encore été ouverte et renfermerait à elle seule 18 000 pièces. Particularité notable : de nombreux deniers ou sesterces ont été frappés sur place. Ce sont des copies légales, réalisées à une époque où Rome peine déjà à acheminer sa monnaie vers les confins de l’Empire.

Une maison construite sur un ancien quartier romain

Une photo aérienne du terrain révèle une situation inattendue : la maison, aujourd’hui isolée, est édifiée sur les vestiges d’un ancien quartier comprenant une rue et des habitations dotées de pièces de vie, de sols en béton et d’hypocaustes, le système de chauffage central romain. De vastes cours complètent l’ensemble, et c’est dans l’une d’elles qu’a été découvert ce véritable trésor.

Les trois amphores, séparées d’une cinquantaine de mètres, étaient soigneusement rangées dans ce qui correspondait à une réserve située au sous-sol de commerces ou de maisons patriciennes. Le site ne semble pas avoir été abandonné à la suite d’une invasion, mais des traces d’incendie témoignent de destructions. Selon les archéologues, la cité aurait décliné lentement à la fin de l’Empire, au profit d’une ville voisine plus facile à défendre.

Un trésor désormais propriété de l’État

Si le propriétaire du terrain peut se féliciter d’avoir choisi un emplacement riche d’histoire, il ne percevra aucune récompense. La découverte étant officielle et non fortuite, la totalité du trésor appartient à l’État et sera destinée à un musée.

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