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La piste intrafamiliale est privilégiée à Nice au lendemain de l’assassinat d’une jeune femme dans une voiture devant son bébé, un acte « barbare », selon les candidats aux municipales, qui a conduit une tête de liste de gauche à suspendre sa campagne.
Le drame a eu lieu mercredi peu après 18H00, à une intersection proche d’un lycée dans l’ouest de la ville. Un homme circulant à scooter s’est porté à la hauteur de la conductrice et a tiré à une dizaine de reprises à bout portant à travers la vitre du véhicule, a détaillé le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué.
Arrivés rapidement sur les lieux, les pompiers ne sont pas parvenus à réanimer la jeune femme, mais ont pu prendre en charge l’enfant de sept mois, qui était sur le siège passager dans son fauteuil bébé et miraculeusement indemne.
La police a rapidement retrouvé le scooter juste derrière la gare, selon le parquet.
De façon concomitante, le propriétaire de ce deux-roues s’est présenté à la police et a été placé en garde à vue, ajoute le procureur.
Selon une source policière, le petit ami de la victime a lui aussi été entendu et, selon une source judiciaire, il ne s’agit pas du propriétaire du scooter.
Si le déroulement des faits pouvait initialement laisser penser à la piste d’un homicide sur fond de criminalité organisée, les enquêteurs ont recueilli « des éléments relatifs à une piste intrafamiliale », explique le procureur.
Ils s’intéressent en effet au beau-père du petit ami de la victime, un homme d’environ 45 ans, placé en garde à vue la semaine dernière pour des violences aggravées sur la mère du compagnon de la défunte.
Intervention du Raid
Cet homme, jusque-là connu de la justice uniquement pour conduite sans permis, avait été déféré dimanche et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’approcher cette femme, détaille le parquet.
Tard mercredi soir, le Raid est intervenu pour tenter d’interpeller le suspect à son domicile, mais il ne s’y trouvait pas et il est désormais activement recherché, selon une source policière.
Selon plusieurs médias locaux, l’intervention a eu lieu au sein d’une école située dans le nord de Nice, où l’homme travaillait et disposait d’un logement. Jeudi dans la matinée, le calme régnait aux abords de l’établissement, selon une journaliste de l’AFP.
« De très nombreuses investigations sont en cours pour localiser le ou les personnes impliquées et préciser les circonstances et le motif des faits », ajoute le procureur qui a ouvert dès mercredi soir une enquête pour meurtre aggravé, confiée à la police judiciaire du département (SIPJ 06).
Ce fait divers a immédiatement fait réagir les candidats aux municipales à Nice. Le maire sortant Horizons Christian Estrosi a parlé sur le réseau social X d’un « acte d’une barbarie inouïe ».
Un qualificatif repris par la candidate Ecologistes-PS-PCF Juliette Chesnel-Le Roux qui s’est dite « sidérée et révoltée » par « cette violence d’une barbarie absolue ».
Dans un message transmis à l’AFP, elle a annoncé suspendre sa campagne pendant trois jours, appelant les autres candidats à faire de même dans un geste d’unité.
« Cette suspension est un acte de responsabilité. Elle marque notre refus absolu de la barbarie, notre engagement constant contre les violences faites aux femmes, et notre volonté de ne jamais banaliser l’inacceptable », explique-t-elle.
« Nice ne doit en aucun cas devenir Marseille ! », avait déclaré sur X mercredi soir le député Eric Ciotti, candidat UDR-RN, avant que la piste intrafamiliale n’apparaisse.

















