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Des Israéliens protègent… les Palestiniens victimes de harcèlement des colons : notre journaliste assiste à une arrestation

par RTL info avec Sébastien Rosenfeld et Thomas Kinet
Alors que la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, certains Israéliens se mobilisent pour protéger les villages palestiniens face aux harcèlements des colons.

Dans la vallée du Jourdain, le village palestinien de Ras Eïn Al-Auja est devenu un terrain de tension extrême. D’un côté, des jeunes colons extrémistes cherchent à imposer leur autorité en force, souvent par l’intimidation ou la violence. De l’autre, des militants pacifistes israéliens qui tentent de protéger les habitants de ce village. Zak est l’un d’eux. Installé dans son camion-citerne, il surveille les alentours.

Soudain, surgit un colon bien connu pour terroriser les bergers palestiniens. Zak redoute sa venue : « On le voit régulièrement avec une arme automatique accrochée à son épaule. Quelques fois il porte un uniforme de policier ou de militaire alors qu’il n’est ni l’un ni l’autre. Chaque fois qu’il débarque, ça veut dire qu’il se passe quelque chose. »

Des violences physiques

Dans cette région marquée par la colonisation rampante, les militants israéliens pacifistes comme Zak, souvent critiqués par leurs propres concitoyens, jouent un rôle essentiel pour défendre les Palestiniens contre les pressions exercées par les jeunes colons. Adam, un de ces militants, explique : « Nous sommes ici dans un village qui subit depuis deux ans des harcèlements quotidiens. Quelquefois deux fois par jour par des jeunes colons. » Selon lui, ces colons utilisent leurs troupeaux de chèvres pour pénétrer illégalement dans les fermes palestiniennes, « pour intimider les gens et les forcer à partir de leur village ».

La tension est palpable sur le terrain. Lors d’une de ces interventions, un ami d’Adam, Iwal, a été blessé en essayant de protéger une ferme palestinienne. « Ils m’ont poussé. Ça a fini en bagarre. J’ai appelé la police ». À l’arrivée des forces de l’ordre, les jeunes colons racontent leur version des faits. Les policiers interrogent ensuite Iwal puis décident de l’embarquer. Les jeunes colons ne seront plus inquiétés. Pourtant, on voit clairement dans une vidéo d’un des amis d’Iwal que c’est lui qui a reçu le premier coup.

Des jeunes embrigadés comme fer de lance

Les auteurs des harcèlements, souvent surnommés « les jeunes des collines », sont des adolescents radicalisés, déscolarisés et manipulés par des colons plus âgés. Un militant israélien les compare à des « enfants soldats » insérés dans un plus vaste projet de colonisation de toute la Cisjordanie. Ces jeunes trouvent refuge dans les implantations les plus extrêmes, amplifiant un mouvement qui pousse progressivement les Palestiniens hors de leurs terres ancestrales pour établir une domination territoriale.

Face à cette montée des tensions, des ONG israéliennes continuent de défendre une approche non violente. Martin, un membre fondateur de l’une de ces organisations emblématiques, affirme l’importance de ces actions : « Malheureusement, la plupart des Israéliens que je définirais comme d’extrême droite me voient comme un anti-Israël, un traître, un anarchiste, un extrémiste de gauche. Nous les dérangeons, et si ça les dérange, c’est que notre cause est juste. » Ces ONG accueillent des bénévoles israéliens et internationaux, leur offrant un cadre pour intervenir sur le terrain dans un esprit de solidarité et de pacifisme actif.

Cette solidarité se heurte cependant à un contexte de colonisation qui connaît « une ampleur sans précédent en Cisjordanie ». Pourtant, les militants persistent, espérant contrer une dynamique qui semble inexorable.

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