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A priori, Donald Trump n’a pas l’intention de contourner l’ONU. D’ailleurs, s’il a annoncé que des troupes d’interposition allaient se déployer dans la bande de Gaza, il a aussi déclaré que les États-Unis allaient déposer à l’ONU un projet de résolution pour soutenir son plan de paix.
Les mots ont un sens, soutenir ce n’est pas coordonner, ni diriger. Il faut voir quelle sera la teneur de cette résolution mais il est probable que Donald Trump souhaite obtenir un blanc-seing pour agir ensuite à sa guise.
Israël ne fait pas confiance à l’ONU
D’ailleurs, il a déjà commencé. 200 soldats américains ont été déployés depuis trois semaines dans la petite ville israélienne de Kiryat Gat, non loin de la bande de Gaza. C’est là que se trouve le Centre de coordination militaro-civil pour Gaza. Sa mission : superviser l’application du cessez-le-feu et préparer la phase de reconstruction. Ce centre de commandement international est donc dirigé par un contingent américain, et non pas par l’ONU.
Il faut dire que depuis des décennies, Israël ne fait pas confiance aux casques bleus pour assurer sa sécurité. En témoignent ses nombreuses incursions au sud Liban pour frapper le Hezbollah alors qu’il existe depuis 1978 une force de l’ONU, la FINUL, chargée de pacifier la frontière.
Seul un leadership américain pourrait être accepté par Netanyahou. Il n’a d’ailleurs pas le choix : il a trop besoin des armes fournies par les États-Unis.
Un rôle pour la Belgique ?
Mais de nombreuses questions restent en suspens. Quels pays pourraient participer à cette force ? Probablement des Européens. La France, l’Italie et même la Belgique ont soutenu en leur temps la FINUL et d’autres opérations dans la région, parfois dans des conditions très difficiles. Ainsi, en 1983, deux attentats à Beyrouth, probablement téléguidé par la Syrie, ont tué 241 soldats américains et 58 Français.
Car s’il faut l’accord d’Israël, il faut aussi celui des pays alliés de la Palestine. Or, lundi, sept États musulmans, dont la Turquie, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont insisté sur une gouvernance à Gaza par les seuls Palestiniens, refusant qu’un « nouveau système de tutelle » soit imposé au territoire.
On peut donc évacuer l’hypothèse d’une administration provisoire de l’ONU comme on en a connu autrefois au Cambodge ou au Kosovo.
Quant à l’idée d’une autorité dirigée par Tony Blair, c’est déjà du passé.
Enfin, quand ils évoquent une gouvernance palestinienne à Gaza, de qui parle-t-on ? De L’OLP (Organisation de libération de la Palestine), du Hamas, des deux ?
Donald Trump va bientôt découvrir que dans l’Orient compliqué, les idées simples ne suffisent pas.


















