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C’était une audition très attendue. Ce 9 février, l’ancien chargé de sécurité de la mairie de Crans-Montana, bûcheron de formation, a été entendu comme prévenu de 8h30 à 20h. BFMTV révèle certains éléments de cette audition qui mettent en lumière des manquements en termes de prévention.
L’homme a d’abord surpris la salle en affirmant qu’aucun établissement de Crans-Montana n’avait été fermé pour risque incendie avant 2026. Seul le Grand Hôtel du Golf avait été contraint de fermer, il y a trois semaines.
Des demandes restées lettres mortes
Pourtant, selon lui, il aurait demandé au canton de fermer plusieurs établissements qu’il jugeait dangereux avant cette date. Ses demandes seraient restées lettres mortes, et il aurait fini par cesser de transmettre ses listes, estimant que les autorités ne sanctionnaient jamais les manquements.
L’homme a quant à lui quitté son poste en 2024, selon la presse suisse.
La mousse antiphonique jamais examinée
Autre révélation importante : lors des deux contrôles périodiques qu’il avait effectués, il n’aurait jamais examiné les mousses antiphoniques à l’origine du départ du feu. Pourquoi ? Parce que le cahier des charges des contrôles ne le prévoyait pas.
Les inspections portent sur plusieurs éléments de sécurité incendie, mais uniquement sur les matériaux des « voies d’évacuation », comme les escaliers, et non sur l’inflammabilité des matériaux utilisés ailleurs. Le bar Le Constellation, point chaud de l’enquête, n’a été contrôlé que deux fois en six ans, alors que la loi impose un contrôle annuel.
Selon les rapports consultés par BFMTV, l’établissement disposait de trois mois pour effectuer certaines modifications. Questionné sur le suivi, l’ancien chargé de sécurité explique qu’il reprenait contact avec le gérant pour l’inciter à agir, sans jamais prononcer de sanctions.
Les deux hommes dénoncent les mêmes choses
Comme son successeur auditionné vendredi dernier, il a dénoncé des effectifs insuffisants et des plannings impossibles à tenir. Il est également revenu sur le piratage de données survenu en 2023. Selon lui, malgré ses alertes pour améliorer les sauvegardes, le canton ne l’a pas écouté, rendant l’accès aux informations antérieures compliqué, voire impossible, et entravant son travail de prévention.
À noter, l’ancien chargé de sécurité a précisé qu’il possédait un diplôme de spécialiste incendie, contrairement à son successeur. Enfin, il a tenu à rappeler être « en pensée avec les victimes », dans ce qui reste un dossier marqué par la défiance des familles envers la justice suisse.
L’enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l’incendie, le respect des normes par les propriétaires et les responsabilités. Également prévenu dans cette affaire, le couple de Français propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti, doit être de nouveau entendu les 11 et 12 février.

















