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"Les humanitaires ne sont pas des cibles, de même que les populations civiles. La sécurité et la protection des humanitaires doivent être assurées", a insisté mardi le coordonnateur humanitaire de l'Onu en République démocratique du Congo, Bruno Lemarquis. Dimanche soir, deux membres de l'ONG britannique Tearfund sont décédés dans l'attaque de leur convoi.
Le convoi quittait une zone de combats pour se diriger vers le nord, quand il a été ciblé près de la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, par des jeunes qui soupçonnaient une infiltration rebelle, selon des sources locales. Cinq véhicules, à bord desquels circulaient une quinzaine de personnes, de nationalité congolaise, ont été incendiés, d'après une source humanitaire.
"Cette attaque s'inscrit dans un contexte d'escalade de violence extrêmement préoccupant dans la province du Nord-Kivu" depuis le 27 juin dans le territoire de Lubero, a retracé Bruno Lemarquis dans un communiqué. De manière plus générale, depuis fin 2021, le M23 - rébellion congolaise majoritairement tutsi - a conquis avec l'appui d'unités de l'armée rwandaise de larges pans de territoire du Nord-Kivu, jusqu'à encercler presque entièrement la capitale provinciale Goma. Les autorités de RDC accusent le Rwanda de vouloir faire main basse sur les richesses de l'Est congolais, ce que Kigali conteste.
Depuis le début de cette année, plus de 170 incidents sécuritaires ont directement ciblé les travailleurs humanitaires, causant au moins quatre morts et 20 blessés, selon un décompte de l'Onu mardi. Plus d'une dizaine de travailleurs humanitaires ont également été enlevés au premier semestre 2024.
"Ces attaques constituent une violation grave du droit international humanitaire et ont un impact dévastateur sur l'accès et la capacité des organisations humanitaires à fournir une assistance vitale aux populations dans le besoin", souligne le coordinateur onusien.
Ce dernier a appelé à une désescalade immédiate et à un retour au dialogue.