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Un accueil exceptionnel pour MBS. Trois lettres qui valent des milliards. Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien chouchouté par Donald Trump. Garde à cheval, coups de canon et survol d’avions de combat, rien n’est de trop vu les enjeux économiques. Le dirigeant de facto du royaume saoudien a même eu droit aux louanges du président américain pour son bilan « incroyable en matière de droits humains. »
Un accord à mille milliards
Les deux hommes ont signé un accord stratégique de défense dont les chiffres donnent le vertige. « Les accords que nous signons aujourd’hui dans beaucoup de secteurs, technologie, intelligence artificielle, paiement, matériaux, aimants, tout cela va créer de nombreuses opportunités d’investissement », a annoncé le prince héritier lors de la traditionnelle conférence de presse conjointe. « Donc vous êtes en train de me dire que maintenant les 600 milliards de dollars vont devenir 1000 milliards ? », a répondu Donald Trump, peu avare de ce type de mise en scène. « Absolument, ce que nous signons va permettre cela », a confirmé Mohammed ben Salmane, récolant une tape sur la jambe et un sonore « J’aime ça », du président américain.
Des questions embarassantes
Et face aux journalistes, pas question d’humilier un tel invité. Donald Trump a même été jusqu’à innocenter le prince héritier saoudien dans l’affaire Khashoggi, ce journaliste torturé, démembré et dissout dans l’acide en 2018, avant d’être déversé dans les égouts. « Vous parlez d’une personne extrêmement controversée. Beaucoup de gens n’aimaient pas ce monsieur. Et que vous l’aimiez ou pas, des choses se sont produites. Mais lui n’était au courant de rien et nous pouvons en rester là. Vous n’avez pas à embarrasser nos invités en posant ce genre de questions », a sèchement répondu Trump.
Désigné comme le commanditaire par les renseignements américains, MBS a cependant tenu a répondre lui-même et reconnaît une erreur. « Nous avons amélioré notre système pour éviter pareille chose à nouveau. C’est douloureux et c’est une énorme erreur et nous faisons de notre mieux pour que cela n’arrive pas à nouveau », a-t-il déclaré.
Ensuite, une journaliste qui l’interroge sur les conflits d’intérêts liés aux affaires de la famille Trump avec l’Arabie Saoudite se fait violemment recadrer par Donald Trump. « Vous êtes qui ? », lui demande-t-il. Elle répond « ABC », et il ajoute « ABC Fake News, l’une des pires du secteur, mais je répondrai. »
Mohammed ben Salmane obtient plusieurs faveurs
Alors que son prédécesseur démocrate Joe Biden voulait traiter Mohammed ben Salmane en « paria », le président américain l’a reçu avec autant d’égards que s’il était un chef d’Etat, alors même que son père le roi Salmane reste le souverain en titre.
Donald Trump a fait de Mohammed ben Salmane et de l’Arabie Saoudite ses alliés privilégiés. Le prince héritier, qui est également Premier ministre saoudien, a obtenu plusieurs faveurs de Donald Trump, comme la désignation de l’Arabie saoudite comme « allié majeur non-membre de l’Otan », mais aussi la promesse d’une livraison « future » d’avions de combat F-35, d’une coopération renforcée dans le nucléaire civil, et d’un accès aux technologies américaines avancées en matière d’intelligence artificielle.
Israël reste un sujet de division
Seule pierre d’achoppement entre les deux hommes : Israël. Mohamed ben Salmane a en effet temporisé sur une demande insistante du président américain, qui voudrait que l’Arabie saoudite rejoigne les accords d’Abraham, son grand projet de normalisation des liens entre les pays arabes et Israël. « Nous souhaitons faire partie des accords d’Abraham. Mais nous voulons également nous assurer que la voie vers une solution à deux Etats est clairement tracée », alors qu’Israël refuse toute création d’un Etat palestinien, a dit le prince héritier.


















