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1h30 de sommeil en moins en 50 ans : quelles raisons derrière ce phénomène ?

par RTL info avec Charlotte Simonart et Alexandre D’Haesseleer
C’est une tendance qui inquiète le monde médical. Comme partout dans le monde, le Belge dort de moins en moins. En 50 ans, nous avons perdu en moyenne 1h30 de sommeil. On ne dort plus en effet que 6 à 7 heures par nuit contre les 8 heures recommandées. Mais alors, pourquoi dort-on de moins en moins ?

Le Belge rogne sur ses heures de sommeil. D’abord pour répondre à une pression sociale qui prône une vie épanouie sur tous les plans : professionnel, familial et celui du développement personnel. La place qu’occupe le travail dans notre société nous pousse à prolonger nos journées actives et puis enfin notre rapport aux écrans et cette surstimulation du cerveau qui retarde toujours un peu plus notre sommeil. Une vie à 100 à l’heure, ou plusieurs vies à assurer en une seule journée. Résultat d’une pression sociale qui impacte notre sommeil.

Essayer de tout faire et rogner sur son sommeil

Capucine Leloup, psychologue spécialisée en troubles du sommeil, le constate régulièrement auprès de ses patients : « On dit que pour être bien, pour se développer, il n’y a pas que le travail, mais il y a toute la vie en dehors du travail. On veut aussi faire du sport, être là pour notre famille, faire de la méditation, du yoga, etc. Et ça ne rentre pas dans une journée. Du coup, on va venir rogner sur nos heures de sommeil en semaine pour arriver à tout faire ».

Le travail, c’est l’autre grand responsable de notre dette de sommeil. Depuis 50 ans, on lui accorde une place centrale dans nos sociétés au nom de la performance. « Depuis Margaret Thatcher qui a dit que ‘le temps, c’est de l’argent, que le sommeil, ça ne sert à rien, qu’il fallait des sociétés qui fonctionnaient 24 heures sur 24, 6 jours sur 7’, eh bien finalement, il n’y a plus de place pour le sommeil ; observe raconte Albert Lachman, somnologue. On n’a plus de temps de pause, or on a besoin de rien faire pour après pouvoir s’endormir ».

Autre problème : les écrans

Et désormais, depuis plusieurs années, les écrans sont allumés en permanence, ce qui entraîne une surstimulation de nos cerveaux qui nous empêche de fermer l’œil. « Avant, on regardait un film, le film se termine et à ce moment-là, on a le choix de monter et se coucher, explique Capucine Leloup. Tandis qu’actuellement, on va être sur notre téléphone, on va scroller, scroller à l’infini. Et donc, je me maintiens dans un état d’hypervigilance jusqu’à parfois très, très tard le soir. Et je ne peux pas éteindre mon cerveau comme j’éteins la lumière ».

La dette de sommeil peut avoir des conséquences désastreuses pour votre santé sur le long terme : anxiété, dépression, obésité, baisse de l’immunité pour n’en citer que quelques-unes. Les professionnels de santé parlent de mal du siècle.

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