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« J’avais une appréhension de voir des morts » : une formation peu ordinaire s’est déroulée au cimetière de Seraing

par RTL info avec Vincent Jamoulle et Julien Raway
Au cimetière de Seraing, des fossoyeurs en formation ont participé à l’exhumation de corps pour apprendre un métier délicat et méconnu.

Au cimetière de Seraing, en province de Liège, une formation peu ordinaire a réuni une dizaine de fossoyeurs. Ces derniers se sont initiés aux techniques d’exhumation des corps lors d’une séance pratique sur le terrain. Une procédure courante qui intervient lorsque les concessions funéraires ne sont pas renouvelées par les familles. Cette journée a permis de soulever un voile sur un travail méconnu, mais essentiel au bon fonctionnement des cimetières.

Guidés par Xavier Deflorenne, responsable cimetières et formateur pour la Région wallonne, les participants ont appris à manipuler les cercueils dans diverses situations. « Vous le mettez en rotation et que le corps soit face contre terre. L’objectif est justement de ne pas être confronté au visage », explique-t-il.

Cet apprentissage transmet aussi les précautions à prendre, notamment pour éviter de « couper dans le cadavre » lors des manipulations parfois complexes. Les cercueils peuvent varier de matériaux, comme l’aluminium, aujourd’hui interdit, à ceux en décomposition avancée, rendant le travail encore plus délicat.

Un délai de deux ans

Pour les fossoyeurs en formation, cet exercice pratique n’est pas seulement technique, mais peut également être éprouvant sur le plan émotionnel. Benoît, fossoyeur à Plombières, a confié ses premières impressions : « J’avais une légère appréhension de voir comment j’allais réagir à la vue de mort. Mais ça va, pour l’instant ça va. »

En Belgique, les cimetières doivent gérer quotidiennement l’équivalent de plus de 300 décès, un chiffre qui illustre l’importance de cette gestion rigoureuse des espaces funéraires.

Lorsque les concessions ne sont pas renouvelées, les communes accordent généralement un délai supplémentaire aux familles avant d’entamer les exhumations. « C’est deux ans de délais où on a eu deux fois la Toussaint, puisque c’est souvent à la Toussaint que les gens viennent se recueillir », précise Robert Rouzeeuw, échevin des travaux de Seraing.

Si la famille reste muette, la commune reprend possession du caveau. Les restes exhumés sont ensuite déposés dans un ossuaire, afin de respecter la mémoire des défunts et de libérer de la place pour de nouvelles concessions.

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