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Agression à Sambreville : la bande de jeunes a décidé de se faire justice elle-même, après des messages ambigus de la part de la victime

par RTL info avec Benjamin Samyn et Denis Caudron
L’agression violente d’un homme par des mineurs le week-end dernier à Sambreville prend une tout autre dimension ce dimanche. Selon nos informations exclusives, un de ces jeunes aurait reçu des messages explicites de la part de l’homme passé à tabac. La bande a alors décidé de se faire justice elle-même.

Le groupe de jeunes s’était réuni sur la grande place d’Auvelais peu de temps avant l’agression. Parmi eux, un bruit circule : il y aurait un « pédophile » qui sévit dans le quartier. « On a discuté au sein du groupe à propos de ce pédophile et X disait qu’il allait parler avec lui. On était trois à être plus particulièrement énervés par la situation », peut-on lire dans les documents judiciaires.

En réalité, l’un des jeunes a reçu des messages explicites de la part d’un homme de 26 ans.

« Il nous a montré une conversation avec cette personne sur Snapchat. Elle lui écrivait des propos du genre : ‘Comme tu n’es plus avec ta copine, je vais m’occuper de toi’, ‘Je me suis fait tout beau pour toi’. À la vue de ces messages, j’avais la rage et la haine contre cette personne. Le pédophile est ensuite arrivé », relatent encore les documents judiciaires liés au dossier.

L’homme est alors frappé par certains jeunes, puis lancé contre un poteau de signalisation, un geste qui le scalpe partiellement.

Pas de légitime défense

Une agression qui n’a rien à voir avec de la légitime défense, insiste Etienne Gras, avocat pénaliste au barreau de Charleroi : « Il faut avoir été attaqué et répondre de manière proportionnée sans avoir la moindre possibilité d’appeler l’autorité. »

« Il y a éventuellement la provocation, qui est une cause d’excuse, où là il faut avoir été menacé et devoir prendre le risque d’être immédiatement agressé. Donc vous vous rendez compte que nous ne sommes dans aucun de ces cas de figure là », tranche-t-il.

La victime, soupçonnée par le groupe de mineurs d’être un pédocriminel, souffre en réalité d’une déficience mentale. « Je ne le savais pas du tout. Vous pensez bien que si j’avais su qu’il était handicapé, jamais je n’aurais réagi de la sorte », révèlent encore les documents de l’affaire.

L’un des suspects a déclaré qu’il était amateur de vidéos sur les réseaux sociaux dont le contenu se base sur la traque de pédocriminels. Des vidéos qui font des milliers de vues, mais dont le contenu – parfois très violent – peut entraîner des conséquences.

« Le pédocriminel démasqué et affiché publiquement va immédiatement supprimer le contenu de son téléphone, celui de son ordinateur, se désinscrire des forums qu’il fréquente, éventuellement supprimer des applications cryptées avec lesquelles il pourrait entretenir des contacts avec des délinquants de même nature. En bref, cela va totalement saborder et torpiller une véritable enquête policière », avertit Jonathan de Taye, avocat pénaliste au barreau de Bruxelles.

Concernant l’agression d’Auvelais, trois mineurs sont poursuivis pour coups et blessures volontaires en situation de vulnérabilité.

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