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Plusieurs bijoux ayant appartenu à la reine Fabiola sont actuellement mis en vente à Madrid. Parmi eux, une parure en diamants et aigues-marines qu’elle avait portée en 2004, lors du mariage du prince Felipe et de Letizia, aujourd’hui roi et reine d’Espagne. D’autres pièces, plus anciennes et très symboliques, ont déjà été vendues ces derniers mois.
« En mars 2023, un collier spectaculaire avec perles fines, saphirs et diamants avait été adjugé chez Sotheby’s à Paris pour 630.000 euros », rappelle Thomas de Bergeyck, spécialiste des monarchies. « C’était un bijou qu’elle avait reçu de sa mère. » Quelques mois plus tard, une parure du XIXᵉ siècle, signée Chaumet et offerte par le roi Hassan II du Maroc, a elle aussi quitté la famille.
Depuis la disparition de Fabiola en 2014, la dispersion de ses bijoux crée un sentiment diffus de perte. « On a l’impression que l’histoire s’effiloche », confie Thomas.
Pourtant toutes ces ventes sont parfaitement légales : après la mort de Fabiola, ses bijoux ont été partagés entre ses nombreux neveux et nièces espagnols. « Il faut rester juste : la reine avait organisé les choses ainsi », souligne Thomas de Bergeyck. « Ces bijoux n’étaient pas destinés à devenir des reliques nationales. »
Le symbole d’un amour inoubliable
Parmi les pièces mises en vente aujourd’hui, une attire particulièrement l’attention : la bague de fiançailles de la reine. Celle que Baudouin lui avait offerte peu avant leur mariage, en 1960. Une bague en or 18 carats, ornée d’une émeraude ovale de plus de 14 carats, encadrée de deux diamants. Mise à prix : 19.800 euros.

« Le symbole d’un amour passionnel entre ces deux êtres qui ont été rapprochés à l’époque par des personnes bienveillantes », explique Thomas de Bergeyck. « Et cela n’a pas manqué : ils se sont aimés tout de suite, et se sont mariés à la fin de l’année 60. »
Au-delà de la valeur des bijoux, c’est peut-être l’absence de transmission qui rend cette dispersion encore plus poignante. « Rappelons que la reine, qui a servi notre pays durant 33 ans, n’a pas su avoir d’enfants », confie Thomas de Bergeyck. « Elle a elle-même exprimé à la fin de sa vie son regret de cette absence de progéniture, avouant avoir subi une demi-douzaine de fausses couches. »
Sans héritier direct, Fabiola n’a pas pu ancrer son souvenir dans une descendance. « J’aurais sans doute préféré que l’on conserve un peu de ce que fut cette grande souveraine qu’était Fabiola », conclut-il.
Retrouvez L’histoire royale de Thomas de Bergeyck chaque samedi sur bel RTL et en podcast.















