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"Il prend en otage tout l'immeuble": à bout, des voisins dénoncent l'attitude d'un locataire qui sème la terreur

Les habitants d'une résidence de Woluwe-Saint-Lambert n'en peuvent plus. Ils cherchent une solution pour faire cesser les inlassables dérangements causés par un voisin depuis de longues années. Ils témoignent via le bouton orange Alertez-nous, l'absence du propriétaire du locataire empêchant les démarches classiques.

Des tapages incessants, des menaces récurrentes, des dégradations dans les parties communes, des invités crapuleux et des incivilités à répétition. Voilà ce que disent rencontrer les habitants d'un immeuble de Woluwe-Saint-Lambert quasiment tous les jours.

Depuis des années, un voisin sans limites, ses amis, et leurs chiens, causent de nombreux dégâts et dérangements dans les locaux du bâtiment, occupés par des résidents qui vivent dans la terreur. Au point même de faire déménager la plupart d'entre eux: quatre départs en un an, dont deux les trois derniers mois, sans compter ceux qui envisagent de le faire.

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"Ce sont des individus très dangereux", affirme un habitant de cet immeuble que nous appellerons Antoine (car il a demandé l'anonymat). "Ils n'hésitent pas à tambouriner à la fenêtre d'une femme de 82 ans au rez-de-chaussée pour entrer... Elle en a une peur bleue", détaille-t-il. Une autre voisine, âgée de 72 ans, devrait profiter de sa retraite mais "ne dort plus, ni le jour ni la nuit", inquiète pour sa sécurité et celle de son voisinage. 

"Ils cassent les portes vitrées du bâtiment pour pénétrer à l'intérieur à des heures pas possibles. Ils sonnent et toquent à toutes les portes dans un état de défonce hallucinante...", poursuit Serge, qui, lui, est définitivement parti des lieux. "Quand je vivais là, je me sentais mal à l'aise quand je sortais et quand je rentrais chez moi", se souvient notre interlocuteur. "Je n'avais jamais vu ça de mon existence: quelqu'un qui prend en otage un immeuble pendant autant d'années avec autant de violence..." 

Un véritable enfer. Fatigué physiquement et moralement, le voisinage n'en peut plus... Et ne trouve pas de solutions. Les nombreuses interventions de la police pour chasser les invités du voisin et calmer celui-ci n'y changent rien. "Ça ne les impressionne pas", déplorent nos témoins. Pas impressionnés du tout, puisqu'à peine cinq minutes plus tard, ils reviennent et recommencent. Un cercle sans fin. 

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Mais alors, que faire? Jean-François Thayer, échevin du logement à Woluwe-Saint-Lambert et Olivier Maingain, le bourgmestre connaissent bien ce dossier "difficile à gérer". "On est désarmés", avoue l'échevin. Interrogé par RTL info, le bourgmestre le concède: ni la concertation, ni le travail de la police de quartier pour rappeler "les règles du civisme" n'ont porté leurs fruits. "J'ai pris un arrêté de police qui dit que certaines personnes ne peuvent pas fréquenter l'immeuble", explique Olivier Maingain.

Un arrêté pour que les fauteurs de troubles n'approchent plus les lieux, pas franchement respecté par les concernés. "Ce n'est pas un arrêté qui va les arrêter", se désole un voisin. 

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Quelles solutions?

Une expulsion est espérée par les uns et sérieusement envisagée par les autres. Mais sommer le départ de ce locataire n'est pas dans les compétences de la commune et les acteurs de cette affaire sont à ce jour coincés.

En effet, un propriétaire peut sommer à son locataire de partir si celui-ci ne respecte pas le contrat de bail. Mais, ici, le propriétaire de l'appartement occupé par ce fâcheux voisin vit en Chine. Il est absent et inaccessible. 

Reste donc une ultime possibilité. "Il faut aller chez le juge de paix et qu'il prononce l'expulsion de ce locataire", estime l'échevin du Logement. Victor Bouteiller, avocat en droit immobilier au Barreau de Bruxelles confirme et conseille, avant d'entamer toute démarche de collecter des preuves: "C'est le plus important."

Ces "preuves" peuvent être notamment les PV dressés par la police lors d'intervention, qui ne pourra, pour rappel, mettre dehors le voisin dérangeant. "Il ne faut pas hésiter à ensuite relayer les plaintes auprès du bailleur ou à l'association des co-propriétaires qui représentent l'immeuble." 

Comment ça se passe?

"Si une médiation à l'amiable ne marche pas, vous pouvez d'abord faire une conciliation devant le juge de paix", indique Maître Victor Bouteiller. "Un courrier convoquera le voisin pour l'inviter à lui demander des explications par rapport à son comportement et finalement, si tout ça ne va pas, vous pouvez assigner le locataire en question devant le juge de paix pour lui demander soit simplement que le trouble cesse et si ce trouble ne cesse pas, qu'il soit mis fin au bail.

Dans le cas de nos résidents désespérés de Woluwe-Saint-Lambert, la conclusion fait peu de doute pour Me Bouteiller: "La seule solution c'est de mettre fin au bail et que le locataire quitte les lieux." 

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Commentaires

2 commentaires

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  • Encore le résultat d une immigration positive et sélective venu dans notre pays avec l intention de trouver un travail. Quel avenir avec ces cloches.

  • La solution va encore prendre des années. On est en Belgique ! On prend plus de précautions avec des gens pareils qu'avec des citoyens honnêtes.

    roger rabbit
     Répondre