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« Ça me poursuit encore », confie Christine à propos de cette nuit d’octobre, passée sur une aire d’autoroute près de Mâcon, en Bourgogne-Franche-Comté. Avec son mari, ils rentraient plus tôt de vacances pour assister à un enterrement en Belgique. D’ordinaire, le couple passe la nuit dans un camping, mais ce soir-là, ils ont fait une exception : « On s’est dit qu’on allait juste dormir sur le parking, sous un réverbère, pas loin de la station. »
Au petit matin, ils se réveillent un peu groggy. Rien d’anormal, jusqu’à ce que Christine remarque le sac de son mari par terre. Le portefeuille avait été vidé, les cartes de banque volées, et près de 900 euros en liquide disparus. « La gendarmerie de Mâcon nous a dit qu’on avait sûrement été gazés », rapporte Christine.
Une nuit en apparence ordinaire
Rien n’avait troublé leur sommeil. « On n’a rien entendu, rien du tout. Même les chiens n’ont presque pas bougé », poursuit-elle. Leur vieux chien, Laïka, a tout de même aboyé vers 4h45 du matin, « très méchamment », se souvient Christine. « C’est sans doute ça qui les a fait fuir. »
Au réveil, l’un de leurs trois chiens semblait malade, vomissant à plusieurs reprises.
Un phénomène bien connu des assureurs
Michael Missaire, gérant d’Assurim, société spécialisée en assurance pour Motorhome & Camping-Car à Liège, a déjà entendu parler de ces attaques de camping-cars au gaz soporifique : « Dans ma clientèle, j’ai eu plusieurs personnes qui m’ont raconté s’être fait gazer. Ils ne se réveillent pas, ils n’entendent pas ». À raison d’un ou deux cas par an parmi son portefeuille de clients.
Les voleurs injecteraient du gaz par les prises d’air du frigo. Des détecteurs de gaz se vendent d’ailleurs entre 200 et 300 euros, indique Michael Missaire. « Dès qu’il y a une bombe aérosol ou un déodorant, ça sonne directement. » Christine et son mari disposent d’un tel détecteur, mais il n’a pas sonné. « La concentration de gaz n’était pas peut-être suffisante », estime Christine. Mais pour Michael Missaire, le doute demeure quant à la réalité de ces gazages : « En général, on dort très profondément dans l’espace confiné d’un motor-home, c’est plutôt ça qui facilite l’intervention des voleurs ».
Il ne faut jamais faire ça
L’assureur insiste surtout sur un point : ne pas passer la nuit dans son motor-home sur une aire d’autoroute. « C’est recta. Il ne faut jamais faire ça. » Il recommande aux camping-caristes d’utiliser les applications comme Park4Night, qui répertorient des aires sûres et souvent gratuites en dehors des axes rapides. « En France, il y a des aires adaptées, hors autoroute, dix fois plus sécurisantes. »
Pour Christine et son mari, les conséquences financières du vol se sont limitées à l’argent liquide présent dans l’habitacle. Ils ont tout de suite appelé Card Stop et bloqué les comptes correspondants aux cartes bancaires volées. Mais la mésaventure n’est pas sans laisser quelques traces psychologiques : « Ce qui nous a le plus choqués, c’est de savoir que des gens sont montés dans notre motorhome, qu’ils nous ont vus dormir et ont chipoté dans nos affaires ».



















