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Un migrant sur quatre serait victime de violences policières: "Cours vite ou je te tue"

Des témoignages édifiants concernant la violence policière. Médecins du monde a interrogé 440 migrants en Belgique. Un sur quatre déclare avoir été violenté par la police. L’enquête a été réalisée en collaboration avec Myria, le centre fédéral migrations et le Comité P, la police des polices. Simon François, Pascal Noriega, Bruno Spaak et Antoine Schuurwegen.

Médecins du monde publie ce mercredi un rapport sur les violences policières envers les migrants et les réfugiés en transit en Belgique. Ce rapport a été préparé en concertation avec Myria, le centre fédéral Migrations et le Comité P. Durant les mois de mai, juin et juillet 2018, 440 personnes ont été interrogées au sein d'un hub humanitaire. 25% d’entre elles déclarent avoir été victimes de violences policières en Belgique.


Des témoignages glaçants

Les témoignages recueillis sont édifiants. Il y a par exemple ce Soudanais de 23 ans qui déclare avoir été abandonné en pleine nuit, dans les bois par des policiers. Un des agents lui aurait mis son arme sur le front en lui disant : "Cours vite ou je te tue". Médecins du monde parle de coups de pieds, de coups de poing, de coups de matraques : un homme de 20 ans déclare avoir été battu jusqu'à perdre connaissance et s'être réveillé dans une cellule volontairement réfrigérée. Un migrant explique qu'un policier "m'a emmené dans une camionnette et m'a dit que de toute façon, je ne méritais même pas une balle et là il m'a frappé. Ils étaient plusieurs. Ils m'ont donné des coups de poings au visage, au niveau de la machoire"

Le rapport pointe aussi du doigt les fouilles à nu, parfois violentes. Des policiers auraient ainsi arraché les sous-vêtements d'un homme qui refusait de se soumettre. Un autre déclare avoir été obligé de se mettre nu devant 5 policiers et de tourner devant eux "comme une prostituée" alors qu'ils rigolaient.


Le rapport ne veut pas stigmatiser les policiers mais leur donner des recommandations

Ce serait dans les commissariats, avant l'incarcération, que la violence serait la plus présente. En fin de rapport, Médecins du monde formule une série de recommandations afin de faire cesser, au cœur de l’Europe, ces violences policières. Cette situation, Guy Kervyn, médecin bénévole au hub humanitaire de la Gare du Nord, en est témoin tous les jours : "surtout des hématomes, le résultat de coups de matraque assez manifestes. Les coups se trouvent à des endroits où il est difficile de se faire mal…tout seul…et cela correspond aux histoires qu’ils racontent".

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