En ce moment
 
 

Jean-Jacques, un habitant de Châtelet, reçoit 7.456 euros de facture de régularisation

 
 

Les prix de l’énergie ne cessent d’augmenter. Certains reçoivent des factures de régularisation jugée exorbitante, d’autres doivent désormais payer plus cher que leur loyer pour leur énergie, certains craignent de ne plus pouvoir rembourser leur prêt hypothécaire. De plus en plus de Belges font donc appel au CPAS pour avoir une aide financière ou tout simplement se faire aider pour étaler leur paiement. Certains craignent que cette crise énergétique ne fasse qu’accentuer les inégalités sociales.

Inimaginable

Jean-Jacques Noël, un habitant de Châtelet, a témoigné dans l'émission 'C'est pas tous les jours dimanche'. Son foyer doit payer 7.456 euros de facture de régularisation d'énergie. Il ignore comment régler cette facture. "Techniquement, c'est impossible. Je vais essayer d'appeler à l'aide. Ce n'est pas logique qu'on me compte au plus haut tarif du jour pour une consommation qui s'est échelonnée sur une certaine période (…) je ne m'attendais pas à un résultat aussi important. On a pris certaines précautions. On est assez économes généralement. C'est inimaginable. J'attends de l'aide, j'essaie d'en trouver", a-t-il expliqué.

Fracture

Luc Vandormael (PS) est le président de la fédération des CPAS wallons. Pour lui, le témoignage de Jean-Jacques résume très bien la situation. "Auparavant, on disait, ce sont les gens les plus pauvres qui doivent choisir entre se nourrir, se soigner ou se chauffer. Ces gens-là, leur situation s'aggrave. Il y a une fracture énergétique. Au-delà de cela, c'est la classe moyenne qui s'enfonce." Luc Vandormael précise que les CPAS ont 4 fois plus de demandes d'information et trois fois plus d'interventions.


Présent sur le plateau de 'C'est pas tous les jours dimanche', Adel El Gammal, professeur spécialiste de la géopolitique de l'énergie à l'ULB. Cet expert s'est prononcé sur les prévisions en matière d'énergie.

Prof


"Il faut toujours rester humble sur les prévisions surtout à long terme, mais ce qui est certain, c'est qu'on s'est installé durablement dans une ère de prix chers." Et pour Adel El Gammal, la guerre en Ukraine n'arrange pas les choses. "Même au-delà d'une fin éventuelle de la guerre, on assiste à une redéfinition de l'enjeu politique mondial. Les tensions sur l'énergie vont perdurer."

Bruno Colmant, professeur d'économie, lui se montre encore plus inquiet: " L'énergie sera non seulement plus chère mais aussi incertaine." Au-delà du prix, la question de la raréfaction se pose aussi pour cet expert. "Malheureusement, dans l'indexation de salaires, le poids de l'énergie ne reflète pas la réalité sociale des dépenses. Un jour, on va devoir repenser l'indexation complètement."


Jean-Jacques Noël dit avoir pris déjà une première disposition en n'allumant plus son chauffage au gaz. "On le coupe toute la journée. Dieu merci, on a un petit feu de bois qui nous permet de tenir toute la soirée et d'avoir un petit peu de chaleur."


 

Vos commentaires