Seule une francophone sur 10 passe un mammotest tous les 2 ans, alors que c'est gratuit: pourquoi?

Seule une francophone sur 10 passe un mammotest tous les 2 ans, alors que c'est gratuit: pourquoi?

Les femmes de plus de 50 ans ont droit à un dépistage du cancer du sein gratuitement tous les deux ans. Ce mammotest est préventif, mais il n'est pas utilisé à Bruxelles et en Wallonie : seule une femme francophone sur 10 passe le test, contre une sur deux en Flandre. Pourquoi ? Frédéric Delfosse et Aline Lejeune se sont posé la question pour le RTL info 13h.

Ce lundi, Dinant est devenue la première ville rose en Wallonie. Le mouvement "Think Pink, ne laissez aucune chance au cancer de sein", et la partie francophone du pays ont bien besoin, car le constat est alarmant.

"10% des femmes entre 50 et 69 ans, en région wallonne, font le mammotest, explique Thérèse de Foy, du centre communautaire de référence pour le cancer du sein, et on voudrait le faire connaitre à toutes les femmes qui peuvent en bénéficier."


Moins de campagnes

Au-delà de 50 ans, une francophone sur 10, seulement, bénéficie de cet examen gratuit. Dans le nord du pays, elles sont 5 fois plus nombreuses à passer une mammographie tous les deux ans. Alors, pourquoi un tel retard ? Premièrement, parce qu'on a désinvesti dans les campagnes d'information.

Lorsqu'on demande à quelques Dinantaises pourquoi il y a des drapeaux roses installés sur le pont de leur ville, la réponse est souvent non, et pourtant…

"J'ai eu le cancer du sein également, témoigne l'une d'elles, et c'est à la mammographie qu'on l'a dépisté. C'est vrai qu'il faut le faire."

"Depuis 2013, par manques de fonds, il n'y a plus de campagne qui est mise en place, explique Jessica Chacana Hernandez, porte-parole de Think Pink. Il y a toujours des flyers, des affiches, mais plus de campagne active, comparé à la Flandre, qui est beaucoup plus actives, où les femmes sont informées par rapport à ça."


La confusion

Deuxième raison : la confusion chez le grand public, mais aussi chez les médecins, entre l'examen de contrôle et la mammographie de dépistage.

"Il faut dépasser la prescription du médecin. Les médecins généralistes, on le sait, sont relativement débordés et ils ne sont pas non plus assez sensibilisés à cette thématique", note Michel Candeur, du centre communautaire de référence pour le cancer du sein.

Une mammographie gratuite pour toutes les femmes dès la cinquantaine, comme la Schtroumpfette, qui fête cette année ses 52 ans. Cette campagne est très importante quand on sait qu'une francophone sur trois n'a jamais effectué cet examen.

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