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Notre-Dame de Paris: escortées par la police, les poutres belges sont arrivées, elles sont introduites au coeur de la cathédrale (vidéo)

Notre-Dame

L'entreprise Artbois, installée à Etalle (province de Luxembourg) et spécialisée dans la charpente lamellée-collée, est en effervescence. La société a été réquisitionnée d'urgence par un coup de téléphone mardi à 14h00 d'un opérateur parisien, afin de livrer sans délai dans la capitale française 10 poutres de consolidation pour les murs de la cathédrale Notre-Dame, touchée par un important incendie lundi.

 Le camion belge est arrivé au petit matin après quatre heures de route en pleine nuit.  Le véhicule était escorté par la police pour acheminer au plus vite sa précieuse cargaison. 

"Le convoi belge est arrivé vers 5h30 ce matin. Il a fait la route depuis Etalle en direction de Paris, la capitale française, durant toute la nuit. Le convoi était escorté par deux motards français. Il est désormais en train de décharger ses poutres. Elles sont énormes, 20 mètres de long, 1m20 de haut et 20 cm de large. Le poids est aussi gigantesque, 1,6 tonne par poutre. Ces poutres vont servir à renforcer des murs qui ont été affaiblis par l'incendie. Des murs qui menaceraient donc  de s'écrouler. Vu la taille et le poids des poutres, le déchargement va durer environ 3 ou 4 heures selon le patron de l'entreprise. Ensuite, le convoi pourra retourner en Belgique", explique Corentin Simon.

Une à une, les poutres wallonnes sont introduites au coeur de Notre-Dame à l'aide d'une grue. Une tâche titanesque à 70 mètres de haut. 


Renforcer une façade


Le patron de l'entreprise Artbois a précisé que les poutres allaient servir à renforcer une façade de Notre-Dame qui est en péril. "Au niveau résistance, le bois est plus léger que d'autres structures, il est aussi plus facile à assembler. Mais elles sont bien adaptées à ce genre de renforcement. Elles vont renforcer un mur de façade. Il est débout, il a montré quelques mouvements et quelques inquiétudes qu'il faut stabiliser."

Le convoi s'est très bien passé selon lui, même s'il a demandé "beaucoup de préparations autant en bureau qu'avec les autorités. Le trajet était très tôt pour éviter les embouteillages". Si la société belge a été choisie, c'est pour sa réputation. "À Artbois, on exporte beaucoup en France. Les charpentiers nous connaissent. Mais on est aussi réputés pour notre réactivité et notre rapidité au niveau des productions et des découpes. Ici, on a fourni des poutres en quelques heures."

Pour soutenir Notre-Dame, l'entreprise belge a dû se lancer dans un véritable marathon. En huit heures, l'équipe a répondu à la demande de Paris. "On a découpé des poutres qu'on avait en stock pour un autre chantier", a expliqué Patrick Van Hoorenbeck, patron de l'entreprise Artbois.


"Travailler dans une telle urgence, c'est du jamais vu"

"Tout le monde est sur le coup", confirmait hier Patrick Vanhorenbeeck, qui a créé cette entreprise 100% wallonne il y a 28 ans. Artbois, spécialisée dans les ouvrages d'exception, a déjà contribué à des projets de rénovation de monuments historiques, mais "travailler dans une telle urgence, c'est du jamais vu!", souligne son patron. "Vu le court délai, nous avons dû détourner en urgence des commandes en cours", ajoute-t-il.

Une dizaine d'employés étaient sur le pont pour charger les camions de l'entreprise, mardi après-midi. L'arrivée du convoi exceptionnel était prévue à Paris aux environs de 4h00 ou 5h00 du matin mercredi. Sur place, des grues sont actuellement installées pour placer les charpentes made in Wallonie. Vu la difficulté d'accès avec un tel convoi, des contacts sont également en cours avec la préfecture de police locale afin d'obtenir les autorisations et blocages nécessaires pour amener ces poutres à destination. "En tant que charpentiers, nous avons aujourd'hui la gorge nouée", réagit Patrick Vanhorenbeeck. "Il s'agissait d'une des plus belles charpentes du monde. Il faut faire le maximum pour préserver ce qui reste."

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