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Près de Gaza en Israël, un retour balbutiant à la normale

"On débute cette matinée avec des cercles de parole" pour les enfants, lance Mihal Cohen, directrice d'école dans la ville israélienne de Netivot, où de rares écoliers reviennent après deux jours de tirs de roquettes depuis la bande de Gaza voisine.

Quelques heures après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre le groupe islamique armé Jihad islamique et Israël au terme d'affrontements ayant fait 34 morts, dont huit enfants palestiniens, un calme précaire règne dans le sud israélien.

Des écoles commencent à rouvrir leurs portes après les avoir fermées pendant une confrontation de deux jours déclenchée mardi matin quand les forces israéliennes ont tué un commandant du Jihad islamique, mouvement qui a répliqué en tirant, selon l'armée, environ 450 roquettes vers Israël.

Et si l'écrasante majorité de ces dangereux projectiles ont été interceptés par le "Dôme de fer" israélien, certains ont néanmoins échappé à ce bouclier antimissile, faisant des dommages en Israël.

Netivot, ville de 35.000 habitants située à 8 km de la bande de Gaza, a été touchée par quatre roquettes, dont une a traversé une maison sans faire de victime.

Malgré le cessez-le-feu, la peur reste palpable chez les habitants, qui restent frileux à l'idée d'envoyer leurs enfants à l'école. "Je ne suis pas tranquille", résume Shouli Kahlon, venue accompagner son garçon de sept ans à l'école locale Yitzhak Rabin. "Mais mon garçon avait envie d'aller à l'école", ajoute-t-elle.

Jeudi, seulement une vingtaine d'enfants se sont présentés sur les 256 que compte normalement l'école, chiffre Mihal Cohen, la directrice de l'établissement.

- "Soutien psychologique" -

Postée dans la cour, elle accueille avec le sourire, mais le regard empli d'incertitude, chacun des élèves venus se changer les idées, avant de les orienter vers des classes spéciales prévues pour la journée.

Alpaguée par une maman inquiète de savoir comment va se dérouler la journée, Mihal Cohen se veut rassurante. Aujourd'hui, une aide spécifique est mise en place, lui répond-t-elle: "Les maîtresses sont là, on apporte un soutien psychologique".

"Les maîtresses sont formées pour cela", raconte-t-elle à l'AFP. "Ce n'est pas simple, nous verrons les répercussions plus tard", ajoute-t-elle, à propos de possibles traumatismes chez les enfants.

Une autre mère, Revital Lev, 39 ans, a déposé son fils de 10 ans à l'école, semblant pour sa part rompue aux tensions récurrentes avec l'enclave palestinienne voisine. "C'est comme ça ici, un jour la guerre et le suivant la paix. On s'est habitués, on n'a pas le choix".

En Israël, les autorités ont appelé la population à reprendre une vie normale, après un début de semaine tendu. Les services de secours ont traité une soixantaine de personnes, dont la moitié pour des troubles liés au stress.

A l'école Yitzhak Rabin, la thérapie par la parole a été de courte durée.

Vers 11H00, une heure à peine après le retour en classe et malgré le cessez-le-feu, les sirènes d'alerte ont de nouveau retenti dans la ville, invitant les habitants à se rendre rapidement dans les abris antibombes. Une roquette est de nouveau tombée sur Netivot, mais sur un terrain vague.

Non loin de l'établissement scolaire, Shimon Ben Shimon peste devant son restaurant de chawarma désespérément vide, qui, à cette heure-ci, est normalement bondé.

"On s'est dit: +ça y est c'est fini, on va pouvoir aller travailler+. Mais voilà depuis ce matin il y a un cessez-le-feu, et puis à 11 heures, on nous tire dessus".

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