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Malgré l’interdiction, Quentin, 13 ans, a pu acheter une cigarette électronique: sa maman est SCANDALISÉE

 
 

Quentin, 13 ans, a pu acheter "sans aucune vérification" une e-cigarette, soit un appareil produisant de la vapeur destinée à être inhalée. La vente de ce produit, même sans nicotine, est pourtant interdite en Belgique aux mineurs de moins de 16 ans. Outrée, Geneviève, sa maman, a cliqué sur le bouton orange Alertez-nous.

"Elle était cachée sous son lit" : Geneviève est tombée des nues quand elle a trouvé une cigarette électronique, en rangeant la chambre de son fils, il y a quelques jours. L’e-cigarette, appelée aussi vapoteuse, est un dispositif électronique produisant une vapeur ou fumée artificielle. Cette vapeur peut être aromatisée et contenir ou non de la nicotine.

Après avoir interrogé son fils, la maman découvre comment celui-ci a réussi à se procurer cet objet. Selon ses dires, les faits se sont déroulés le 4 septembre, jour du treizième anniversaire de Quentin.

Le jeune adolescent et sa bande de copains, dont certains sont plus âgés, ont pris l’habitude de se rendre dans un établissement spécialisé du Brabant wallon. A l’insu de sa mère, le garçon avait déjà acheté des arômes, mais ce jour-là après les cours, Quentin est reparti avec une vapoteuse et deux recharges, le tout pour 89 euros. Il a même reçu une troisième recharge gratuite.

L'habitante de Bierges dans le Brabant wallon est indignée : "On ne lui a jamais demandé son âge". Et surtout : "Tout est fait pour attirer un jeune public, avec des goûts tels que Fanta, Red Bull, ou vanille, etc…".

Le premier réflexe de Geneviève est de se rendre à la police. Sur place, on lui répond qu’il n’y a rien à faire. Le produit ne serait pas interdit à la vente, car il ne s’agit que d’arômes et non de nicotine.


Que dit la législation belge ?

La loi belge est pourtant claire à ce sujet. Les e-cigarettes sont considérées comme un produit similaire aux produits du tabac. C’est pourquoi il est interdit d’en vendre aux mineurs de moins de 16 ans.

Le SPF (Service Public Fédéral) Santé publique procède à des contrôles pour faire respecter cette interdiction mais ceux-ci sont forcément insuffisants, les agents ne pouvant être partout.



Que risquent les contrevenants ?

S’il ne s’agit pas d’une récidive, les établissements en infraction devront s’acquitter en moyenne d’une amende de 600 euros et de 270 euros pour le vendeur. Il existe une adresse mail pour déposer une éventuelle plainte : apf.inspection@health.belgium.be.

Nous avons joint le magasin dans lequel Quentin a fait ses achats. Et la vendeuse est formelle: "On vérifie toujours l’âge des jeunes à qui on vend des vapoteuses. C’est super important. La semaine dernière, j’ai dû remballer deux garçons, qui devaient avoir 13 ou 14 ans".

Elle n’a pas pu retrouver la vente en question mais elle insiste : "J’encode tout, il n’y a pas de surprise. La maman peut passer au magasin pour en discuter". Et elle avance une explication possible : "Parfois, les ventes se font par l’intermédiaire d’adultes ou de jeunes qui n’ont pas encore 16 ans mais pour lesquels on dispose d’un accord parental".

La rencontre a bien eu lieu. Et le résultat n’a pas satisfait la maman. Geneviève estime que la vendeuse contourne le problème :"Elle s’est excusée mais elle n’est pas claire. Mon fils est encodé, il a une carte de fidélité. A chaque achat, il obtient des points et il a reçu un goût gratuit car il avait atteint un certain nombre de points".

De son côté, la vendeuse a reconnu sa marchandise mais elle reste sur sa ligne de défense : "Je ne peux pas me souvenir de tout. C’est possible que je n’aie pas vérifié l’âge de son fils s’il était accompagné par des grands. Je ne suis pas inspecteur de police".


Un marketing malsain pour pousser les jeunes à acheter

Au-delà de ce cas particulier, Geneviève tient également à dénoncer dans ces produits une sorte de marketing agressif à destination des plus jeunes, avec des goûts du type bubble-gum : "C’est vraiment fait pour cibler la jeunesse, ça me scandalise. Je me dis que si mon fils commence à vapoter, il pourrait se mettre à fumer".

La mère de deux garçons pointe aussi une certaine incohérence : "D’un côté, les autorités se battent contre la cigarette et de l’autre, les industriels développent des goûts pour plaire aux jeunes…".


Et au niveau de la santé ?

On considère généralement que la cigarette électronique sans nicotine est moins nocive que la cigarette classique. Toutefois, le Conseil supérieur de la Santé, dans ses rapports, reste prudent et n’exclut pas les risques.

D’après le SPF Santé publique, ces e-cigarettes pourraient, dans certains cas, être une aide pour arrêter le tabac mais concernant les jeunes, il y a une vraie crainte. La pratique pourrait les influencer à commencer à fumer.

Pour le tabacologue, Martial Bodo, "le vapotage peut causer des problèmes de manière directe ou indirecte". Le liquide que ces e-cigarettes contiennent est composé d’arômes, de colorants, d’additifs et de substances dont on ne connait pas encore les effets à long terme.

Et il n’y a aucun recul en ce qui concerne les conséquences physiologiques au niveau des voies aériennes et respiratoires causées par l’inhalation de vapeurs.

Comme la maman de Bierges, le tabacologue pointe les risques d’une certaine banalisation de ce genre de produits : "Le succès de ces arômes est inquiétant et on trouve ces magasins un peu partout".

Il y a quelques années, on estimait à 150.000 le nombre de vapoteurs en Belgique.


 




 

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