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Pour cette 48e édition, le suspense a pourtant duré jusqu’à la dernière étape chez les motos avec la victoire de l’Argentin Luciano Benavides (KTM) pour deux secondes seulement sur son poursuivant. En auto, le Qatari Nasser al-Attiyah (Dacia) a remporté un sixième sacre.
Le Paris-Dakar, devenu la marque Dakar en passant d’Afrique à l’Amérique du Sud en 2009, puis dans le royaume saoudien depuis 2020, s’est complètement professionnalisé, coûte des dizaines de millions d’euros et reste la cible des défenseurs des droits humains et de l’environnement, comme à la grande époque. Selon des témoins, la course aurait conservé l’esprit de son créateur Thierry Sabine, mort le 14 janvier 1986 dans le crash de son hélicoptère au Mali, aux côtés du chanteur star et militant humanitaire Daniel Balavoine, du pilote François-Xavier Bagnoud, de la journaliste Nathalie Odent et du technicien radio Jean-Paul Le Fur.
À l’époque, il n’y a pas encore d’information en continu à la radio et à la télé, encore moins d’internet et de réseaux sociaux. Mais « la France a vécu à l’heure du Dakar », se rappelle le pilote de légende belge Jacky Ickx, 81 ans. « Un million de personnes suivaient le passage du Dakar qui allait à Sète », dans le Sud-Est, d’où la caravane embarquait pour Alger, se souvient-il.
Le Dakar était un fait de société et surtout un phénomène people
L’aventure, sans assistance ni technologie modernes, attire dans les années 1980 d’anciennes gloires de la Formule 1, des 24 Heures du Mans et des rallyes, des figures connues du grand public : Jacky Ickx, les Français Henri Pescarolo, Jacques Laffite, Patrick Tambay, Jean-Pierre Jabouille ou le Finlandais Ari Vatanen.
Au volant de voitures de série transformées mais que le public peut reconnaître (des Citroën, Peugeot, Mercedes, Renault, Lada, Porsche…), ces champions sont épaulés par des célébrités des années 1980 : Daniel Balavoine, l’acteur Claude Brasseur, le chanteur Michel Sardou, la princesse et le prince Caroline et Albert de Monaco, la superstar Johnny Hallyday, la présentatrice télé Évelyne Dhéliat. « Le Dakar était un fait de société et surtout un phénomène people. Puis, c’est devenu uniquement une course automobile », de motos et de camions, explique à l’AFP Alain Grosman, patron du poste de commandement opérationnel du rallye-raid.
En plus de télés et radios publiques et privées dont les envoyés spéciaux dans le Sahel diffusaient en direct ou en résumé les péripéties (et les accidents mortels) des épreuves, la presse écrite française faisait ses choux gras du Dakar, se rappelle Alain Grosman. « Il y avait six pages dans (l’hebdomadaire) VSD qui multipliait ses ventes par dix. Aujourd’hui, ça n’existe plus, même pour le journal papier L’Équipe », déplore le sexagénaire, ancien attaché de presse qui débuta sa carrière avec Sabine.
Le Dakar perd de la visibilité comme c’est le cas pour les rallyes
Aujourd’hui, ce quotidien sportif appartient au groupe Amaury, dont la filiale Amaury Sport Organisation (ASO) organise le rallye-raid. Sa chaîne L’Équipe TV diffuse donc la course en direct, en différé et sur internet, et diffuse un grand résumé chaque soir.
France Télévision avait annoncé fin 2023 l’arrêt de sa couverture du Dakar diffusé ces dernières années sur France 3 et France 4. « L’Équipe fait un travail d’exposition de la course pour les fans, qu’on ne pouvait plus faire », justifie Laurent-Eric Le Lay, directeur des sports de France Télévisions. Le dirigeant constate aussi que « le Dakar perd de la visibilité (comme) c’est le cas pour les rallyes » en général, face à la F1 de nouveau hypermédiatisée.
Pour sa dernière année de diffusion en 2025, France 3 a attiré 1,11 million de téléspectateurs en moyenne, contre 490.000 pour L’Équipe TV selon la presse, alors que près de 10 millions de fans l’avaient suivi sur les réseaux sociaux. Pour cette 48e édition, le grand résumé du soir a été regardé par 520.000 téléspectateurs en moyenne, a affirmé samedi la chaîne sportive.

















