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De l'enfer mental à un possible Open d'Australie: Ysaline Bonaventure nous raconte son incroyable combat contre le burn-out

"La veille de mon match à Wimbledon, je me suis retrouvée sur un banc, dans la maison que je louais, sous la pluie en train d'écouter de la musique et de me demander ce que je faisais là. Je me suis rendue compte qu'autour de moi, beaucoup de sportifs vivaient la même chose". Voilà ce que nous raconte Ysaline Bonaventure, interrogée par Serge Vermeiren, au sujet de son ressenti au moment de mettre sa carrière sur pause.

Une décision prise le 5 juillet. Sortie à Wimbledon, la joueuse belge n'en peut plus. En pleine dépression, elle a besoin d'une déconnexion totale, de quitter, même quelques semaines, le monde du tennis dans lequelle elle évolue depuis des années. Il lui aura fallu 4 mois pour s'en remettre et retrouver de la motivation. Pour oublier les doutes et les inquiétudes, Ysaline Bonaventure s'est entourée et a profité de la vie. Voyages, consultance en télévision, retour sur les courts de basket, culture de poires: elle a découvert de nouveaux plaisirs. "Cela m'a permis de me rendre compte du quotidien de monsieur et madame tout le monde. Cela m'a fait beaucoup de bien, je me suis rendue compte que la vie que j'avais n'était pas si pourrie comme je pouvais me le dire", nous confirme-t-elle.

Mais tout a changé cet automne. Ysaline Bonaventure a de nouveau faim de tennis. Elle veut désormais transformer sa souffrance passée en force, pour faire mieux en 2024 et se relever de cette période trouble. Fin octobre, Ysaline retrouve le chemin des courts de tennis et des salles de sports. La dépression lui permet de geler son classement mondial pendant 6 mois. Conséquence, elle peut participer au tournoi qualificatif pour l'Open d'Australie début janvier. Mais pour espérer y arriver, il faut retrouver une condition physique.

Les premiers entraînements l'ont estomaqué, elle qui s'est rendue compte qu'elle n'était plus au point. "C'est comme si on n'avait jamais fait de sport. C'est un petit peu interpellant, on le perd rapidement, mais on le récupère aussi très rapidement", nous détaille Ysaline Bonaventure. Les sensations sont revenues au fil des heures. Il faut dire que le programme est dense, avec 15h de salle par semaine, pour travailler l'endurance, le cardio, la musculation. 

Aujourd’hui, Ysaline sent les effets positifs de sa préparation. Reste à savoir comment gérer les premiers matchs en tournoi. Une certitude, à 29 ans, la joueuse dit vouloir poser un autre regard sur sa carrière. "J'étais tout le temps de le clash, parce que je ne me sentais pas bien sur un terrain. J'avais l'impression que tout le monde était contre moi. Ce break m'a permis de prendre du recul, je suis beaucoup plus sereine, je me mets beaucoup moins de pression", nous confirme-t-elle. 

Et s’il lui reste un rêve sportif à réaliser, c’est celui de participer aux jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
 

 

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