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Le comité d’experts mandaté au printemps par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) pour identifier des pistes d’économies a rendu son rapport final. Les propositions formulées, parfois explosives, visent à répondre à une urgence budgétaire jugée « absolue » par ses auteurs.
Parmi les mesures avancées : une hausse du minerval dans l’enseignement supérieur pour les étudiants européens, une modération salariale des enseignants, la suppression du régime des fins de carrière pour les professeurs ou encore la fin de certaines revalorisations automatiques. Autant de recommandations susceptibles de susciter de vives réactions dans les secteurs concernés.
Une dette de 14 milliards d’euros
Présidé par l’économiste Pierre Crevits, CEO de Dexia, le groupe d’experts compte plusieurs figures reconnues comme Etienne de Callataÿ, Philippe Defeyt ou Jean Hindriks. Le constat qu’ils dressent est sévère : la Fédération affiche un déficit chronique depuis des années, et sa dette atteint aujourd’hui 14 milliards d’euros – soit plus que ses recettes annuelles.
La nouvelle majorité MR-Engagés s’est fixée comme objectif de réduire le déficit de 300 millions d’euros d’ici 2029. Un effort jugé largement insuffisant par le comité, qui alerte sur un « emballement insoutenable de la dette » si des mesures plus fortes ne sont pas prises. « Sans correction substantielle, la trajectoire budgétaire actuelle mettra en grave danger le financement de la FWB et de tous ses acteurs », prévient le rapport.
Dans l’enseignement
L’enseignement, qui représente près des trois quarts du budget de la FWB, est au cœur des pistes d’économies envisagées. Le rapport suggère notamment :
- La fusion « inévitable » des petites écoles ;
- Un frein aux mesures de détachement ;
- La fin de la revalorisation salariale automatique pour les régents obtenant un master en sciences de l’éducation ;
- Une augmentation de la charge horaire des enseignants.
Selon les auteurs, « le nombre d’heures de cours par semaine des enseignants et le nombre d’élèves par enseignant apparaît plus faible en FWB que dans beaucoup d’autres pays ». Ils proposent donc de revenir à la charge horaire en vigueur avant le Pacte d’excellence. Concernant la formation des enseignants, désormais portée à quatre ans, ils recommandent d’éviter la création d’un nouveau barème salarial plus élevé.
Si ces propositions risquent de provoquer la colère des syndicats, une autre pourrait davantage leur plaire : le rapport met en doute l’intérêt budgétaire de remplacer la nomination statutaire des enseignants par des contrats à durée indéterminée, comme le souhaite la majorité actuelle. « Les analyses préliminaires indiquent que les surcoûts liés à cette révision du statut pourraient être très conséquents », avertissent les experts, qui appellent à un « nécessaire réalisme budgétaire ».
L’enseignement supérieur, la culture et la télévision publique aussi ciblés
Au-delà de l’enseignement obligatoire, d’autres secteurs sont également passés au crible. Dans l’enseignement supérieur, les experts recommandent :
- Une lutte accrue contre l’échec scolaire ;
- Une réduction de la durée effective des études ;
- Une rationalisation de l’offre de cours ;
- Une révision de l’utilisation des fonds sociaux.
Dans le domaine de la petite enfance, une révision du financement de la réforme des milieux d’accueil (Milac) est proposée. Pour la culture, le rapport suggère de mieux cibler les subsides, de favoriser la mutualisation entre institutions et de réserver les tarifs réduits à ceux « qui en ont vraiment besoin ».
La RTBF est également dans le viseur. Les experts estiment que des « économies significatives » restent possibles, « tout en préservant la qualité de l’information ». Ils soulignent que la VRT bénéficie d’une dotation comparable pour un public deux fois plus large.
Des coupes à prévoir dans l’administration
Enfin, le comité recommande aussi de rationaliser le fonctionnement de l’administration de la FWB, en diminuant le nombre de cadres supérieurs, en accélérant l’informatisation des services et en optimisant la gestion des bâtiments. Des économies sont également suggérées au sein des cabinets ministériels.

















