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Des laboratoires clandestins ne se cachent plus dans des champs isolés. Ils sont désormais installés au cœur des villes, près de la frontière néerlandaise. Sous-sol, garage, parking. À l’intérieur, de la drogue de synthèse est produite : amphétamine, MDMA, méphédrone. Une réalité qui fait de la Belgique le deuxième producteur européen, juste derrière les Pays-Bas.
« En Belgique, tant qu’aux Pays-Bas, il y a un énorme savoir-faire en ce qui concerne la manipulation des produits chimiques. On a une importante industrie pétrochimique, on a une importante industrie pharmaceutique. Et après, on a aussi toute une chaîne logistique pour diffuser, pour revendre ces produits partout dans le monde », indique Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues.
Les produits chimiques de base, comme l’ammoniaque ou l’acétone, sont importés légalement de Chine et d’Inde. Ils sont ensuite détournés pour fabriquer ces drogues en Belgique. En 2025, 41 laboratoires ont été démantelés sur notre territoire. Et leur capacité augmente. Jusqu’à 3000 litres par site, contre 200 il y a quelques années.
Les laboratoires attrapent une dimension industrielle
« Les laboratoires, aujourd’hui, attrapent une dimension industrielle. Ça, on le constate réellement dans les perquisitions, c’est que de plus en plus, la quantité de production devient énorme. Ce qui est aussi à noter, c’est que les laboratoires en Belgique sont toujours liés avec des laboratoires hollandais. Donc, quasiment toujours, il y a un lien, soit par le personnel qu’on y découvre, soit par le matériel », révèle Régis Kalut, porte-parole de la police fédérale.
Autre évolution : il y a moins de dépôts sauvages. Les criminels dissimulent aujourd’hui leurs déchets pour ne pas être repérés. « Des enquêtes policières repèrent que des agriculteurs sont approchés par le milieu criminel pour les imposer de mélanger les déchets chimiques avec leurs déchets classiques, avec tout l’impact sur l’environnement, sur l’eau potable et sur la chaîne alimentaire », explique Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues.
Les autorités veulent s’attaquer au modèle économique de ces réseaux qui génèrent jusqu’à 30 litres de déchets chimiques dangereux pour chaque litre de drogue fabriquée.

















