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En colère, les syndicats réagissent à l’accord budgétaire trouvé : « On a vraiment l’impression qu’ils rient de nous »

par RTL info avec Mathieu Langer, Roxane Josse, Denis Caudron et David Muller. 
Alors que se clôture une première journée de grève nationale, les syndicats réagissent avec colère à l’accord budgétaire conclu ce matin au terme de 20 heures de négociation.

Le gouvernement fédéral a annoncé ce matin un accord budgétaire prévoyant 9,2 milliards d’euros d’économies d’ici 2029. Parmi les mesures phares figure une modification de l’indexation automatique des salaires : au-delà de 4.000 euros bruts, les montants ne seront plus indexés. L’exécutif souhaite également remettre 100.000 malades de longue durée à l’emploi d’ici 2029, une mesure censée générer deux milliards d’euros d’économie. Mais les modalités concrètes restent inconnues pour l’instant.

Cette annonce, tombée au premier des trois jours de grève nationale, est perçue comme un signal particulièrement malvenu par les organisations syndicales, qui y voient une forme de mépris.

« Une véritable provocation »

Pour les responsables syndicaux, le calendrier n’a rien d’un hasard. Xavier Baufays, permanent CSC Transcom Chemins de fer, explique : « On a vraiment l’impression qu’ils rient de nous et ça ne plaît pas aux travailleurs ».

Sur les piquets, la détermination semble intacte. « Les trois jours de grève, c’est important. Si ça ne passe pas, on fera une semaine s’il faut », lance un gréviste. Selon beaucoup, ces mesures confirment les inquiétudes exprimées depuis des semaines à propos des économies et des nouvelles taxes.

David Camerini, délégué CSC pour ArcelorMittal Liège, dénonce : « C’est un véritable scandale, on devait revaloriser le travail et qu’est-ce qu’ils font ? Ils bloquent les salaires, ils veulent nous faire travailler plus longtemps pour gagner moins ». Il ajoute « L’indexation automatique au-delà de 4000 euros, c’est terminé. Il y a des produits qui vont passer de 6 à 12 %, d’autres de 12 à 24 %… C’est totalement scandaleux ». Avant de conclure : « Et sur les grosses richesses, on ne voit rien ».

La mobilisation peut-elle infléchir le gouvernement ?

Malgré la colère, certains gardent l’espoir que la mobilisation puisse faire évoluer le contenu des réformes. Pierre Lejeune, président national CGSP Cheminots, appelle à rouvrir le dialogue : « Je pense qu’il faudrait pouvoir se remettre autour de la table pour discuter des mesures comme la réforme des pensions, qui est une des mesures pour lesquelles il faudra absolument obtenir des accords supplémentaires ».

On nous oppresse, c’est totalement scandaleux

David Camerini partage cet avis : « On nous oppresse, c’est totalement scandaleux. Mais il faut bien dire aux citoyens que tant que les lois ne sont pas votées, nous avons encore la faculté de changer les choses. Et ce n’est pas le 16 rue de la loi qui doit décider, mais bien la rue ».

Jugé indigeste par la CSC et sans perspectives par la CGSP, l’accord budgétaire devrait continuer à nourrir la mobilisation au moins pour les prochaines 48 heures.

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