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Bart De Wever veut renouer avec le siècle d’or des « Plats Pays », confie-t-il dans un essai publié samedi. « Over welvaart » déroule à grands traits l’histoire de la prospérité dans le monde occidental et trace la voie à suivre, aux yeux du Premier ministre, pour remettre le pays et l’Europe sur les rails. Il pose un modèle : l’île-Etat de Singapour, connue comme l’un des « dragons » de l’économie asiatique.
L’ex-président de la N-VA a fait de l’assainissement des finances publiques l’enjeu majeur de la législature et de celle à venir. Pour lui, il y a urgence : si une série de réformes ne sont pas entreprises, le décrochage menace. Mais ce n’est pas en Europe, ni même en Amérique qu’il va chercher son modèle, mais en Asie.
En quelques décennies, l’homme fort de Singapour, Lee Kuan Yew, a fait de l’île l’un des pays les plus prospères du monde dans un cadre politique hybride, mêlant une forme démocratique et un régime autoritaire. Il a instauré une culture de « l’ordre et du respect », stimulé un « sentiment national sain » et lutté « contre le communisme, la corruption et la drogue », relève Bart De Wever. Il a aussi appliqué quatre règles qui retiennent son attention et qui sonnent comme des mantras de la coalition Arizona : équilibrer le budget, garantir une juste prospérité, garder les taxes à un niveau bas, investir dans l’innovation.
Un sombre tableau de l’état du pays
À la rentrée d’octobre, devant des étudiants gantois, Bart De Wever avait déjà dressé un sombre tableau de l’état du pays, entre population vieillissante, baisse de la productivité, accroissement des dépenses sociales et explosion du nombre de malades de longue durée. Il approfondit la réflexion dans son essai et l’élargit à l’Europe. « Les piliers de notre État providence doivent être taillés en éliminant les abus. Nous pouvons utiliser les gravats ainsi obtenus pour consolider à nouveau le socle de notre prospérité. C’est la seule voie à suivre si nous ne voulons pas finir comme un continent sans pouvoir et sans espoir », avertit-il.
Bart De Wever réitère son procès contre les politiques de gauche. Le PS est dans le viseur. L’ex-président de la N-VA brandit même le spectre d’un regain des socialistes francophones aux prochaines élections. « À terme, un retour électoral du Part Socialiste n’est, hélas, pas à exclure et, ce faisant, de la soif de dépense à l’origine du malaise actuel. Cela relancera immédiatement le débat sur une réforme de l’État », affirme-t-il avant de mettre en garde contre une paralysie comparable à celle de la Région bruxelloise.
Faisons naître un nouveau siècle d’or
Dans son ambition de redresser les finances publiques, le Premier ministre se place dans le sillage de trois de ses illustres prédécesseurs : les chrétiens démocrates Gaston Eyskens, Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene. Mais dans sa conclusion, ce n’est pas tant la Belgique que les Plats Pays (Lage landen, une région qui recouvre environ l’actuel Benelux) et leur âge d’or au 17e siècle, qu’il met en avant.
« Faisons naître un nouveau siècle d’or afin que cette région redevienne un phare de progrès et puisse orienter l’histoire du monde », conclut le nationaliste flamand avant de terminer par une adresse où tant Bruxelles que la Belgique sont ignorées : « Pour la Flandre. Pour la Wallonie. Pour l’Europe. Pour la prospérité ». « Over Welvaart » est publié aux éditions « Borgerhoff & Lamberigts ».














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