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Il y a quelques jours, le PS a déposé une proposition de loi en matière sociale qui vise à revenir, en quelque sorte, sur la pension à 67 ans. Ludivine Dedonder (PS) explique qu’il s’agit avant tout d’une alternative aux mesures proposées par le gouvernement NVA-MR-Engagés : « C’est pour trouver une alternative à ce que met le gouvernement sur la table, que nous déposons cette proposition qui tient compte de la pénibilité des métiers ».
La députée fédérale dénonce d’ailleurs cette série de mesures : « Ce gouvernement va durcir les conditions d’accès à la pension. Et en parallèle, il instaure un malus, une pénalité pour les travailleurs qui ne peuvent pas atteindre l’âge légal de la pension. Le SPF a estimé une perte de pension d’en moyenne 300 euros par mois ».
Travailler sur la pénibilité
La proposition de loi sociale suggère quatre nouveaux critères de pénibilité, dont il faudrait tenir compte pour permettre un départ anticipé à la retraite. « Vous avez les contraintes physiques, l’organisation du travail, les risques de sécurité et la charge émotionnelle et mentale », explique Ludivine Dedonder.
La députée illustre cette idée avec un exemple concret : « Ça veut dire qu’une infirmière qui commence à travailler à 22 ans, et qui compte trois critères de pénibilité, va pouvoir partir à la pension à 60 ans sans perte de revenus. Avec le gouvernement Arizona, elle serait partie à 64 ans. »
Cette proposition s’adresse donc uniquement aux métiers considérés comme « pénibles ». « La réalité de terrain aujourd’hui, ce sont des ouvriers, des aides soignantes, des aides familiales, des aides ménagères, des infirmières qui ne peuvent pas travailler jusqu’à 67 ans parce qu’elles ont été abîmées physiquement, mentalement par le travail. Les gens sont usés », justifie Ludivine Dedonder.
Double objectif
La députée PS a donc pour volonté de « récompenser les travailleurs ». Mais elle annonce un second bénéfice si une telle proposition venait à être adoptée : « Garantir une dignité aux travailleurs permet aussi d’éviter des malades de longue durée. »
En effet, Ludivine Dedonder affirme que cette proposition est « budgétairement neutre » : « C’est tout l’intérêt de cette proposition, puisque le coût que cela va engendrer va être compensé par une diminution des dépenses dans d’autres branches de la sécurité sociale, par exemple celle des malades de longue durée. »
Selon la députée, « des études indiquent très clairement un lien entre le recul de l’âge de la pension, et l’augmentation des malades de longue durée. » En durcissant les conditions d’accès à la pension, Ludivine Dedonder estime que le gouvernement contribue à augmenter le nombre de malades de longue durée.
Autrement dit, la diminution de l’âge de départ à la pension pour les personnes qui ont connu un métier pénible permettrait de récupérer des moyens, puisque ce seront autant de malades de longue durée en moins.
L’objectif global de ce texte qui sera débattu prochainement : « offrir une pension juste et humaine pour les travailleurs ».


















