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« We zullen zien » : le néerlandais de Boris Dilliès est (très) approximatif, est-ce une faute politique ?

par RTL info avec Loïc Parmentier, Laura Van Lerberghe, Guillaume Bruwier et Domique Schochaert
Après une interview approximative en néerlandais, la question du bilinguisme du nouveau ministre-président bruxellois relance le débat. Si aucune obligation légale n’existe, certains dénoncent une faute politique dans une Région officiellement bilingue.

Samedi, Boris Dilliès (MR), tout juste nommé ministre-président de la Région bruxelloise, accordait sa première interview aux télévisions du nord du pays. Interrogé en néerlandais, il a répondu dans un langage hésitant. À la question : « Est-ce que ça a été une surprise pour vous ce matin ? », il répond : « Je ne sais pas. On va voir. » Et lorsqu’on lui demande quelle sera sa priorité en tant que ministre-président, sa réponse est loin d’être convaincante…

Aucune obligation légale

Sur le plan juridique, rien dans la Constitution n’impose à un ministre-président bruxellois de maîtriser les deux langues officielles de la Région. Boris Dilliès n’est d’ailleurs ni le premier, ni sans doute le dernier à présenter des lacunes en néerlandais.

En juin 2023 déjà, lors de la prestation de serment de Daniel Ducarme (MR) pour la même fonction, l’événement avait été chahuté par la N-VA. Lui aussi avait montré certaines limites linguistiques. « Personne n’est parfait », déclarait-il alors à notre micro. Plus largement, la Belgique a toujours connu des responsables politiques aux compétences linguistiques inégales, à tous les niveaux de pouvoir.

« On devrait instaurer le bilinguisme obligatoire »

Pour le politologue flamand Dave Sinardet, la situation pose toutefois problème, il estime que c’est une faute politique. « Je crois qu’on devrait vraiment instaurer le bilinguisme obligatoire, pas seulement pour le ministre-président bruxellois mais pour tous les ministres bruxellois et aussi pour tout le gouvernement fédéral », dit-il.

Pas de réussite linguistique, pas d’engagement

Même son de cloche du côté syndical. Patrick Lebrun, secrétaire général de la CGSP wallonne, pointe une incohérence : « Dans le cadre de certaines fonctions, il y a une obligation de connaissance d’une langue étrangère et cette connaissance est vérifiée dans le cadre de la procédure de sélection. Donc, pas de réussite linguistique, pas d’engagement. »

Pour lui, il est difficilement compréhensible qu’un ministre-président à la tête d’une Région bilingue ne soit soumis à aucune exigence comparable, alors que des fonctionnaires doivent prouver leurs compétences linguistiques pour être engagés.

Une promesse d’amélioration

Boris Dilliès, de son côté, a promis de se remettre sérieusement à l’apprentissage du néerlandais. Reste à voir s’il parviendra à convaincre. Comme il l’a lui-même glissé : « We zullen zien » – nous verrons.

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